La députée de la Fédération de la gauche démocratique, Fatima Tamni, a vivement critiqué le gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch, estimant qu’il « vit dans un état psychologique fondé sur le déni de la réalité ».
Cette déclaration a été faite mardi 21 avril 2026, lors de son intervention à la Chambre des représentants dans le cadre de la discussion du bilan gouvernemental, conformément à l’article 101 de la Constitution.
Selon la parlementaire, la situation actuelle ne relève pas d’une simple crise de chiffres, mais d’une crise de modèle, marquée par des déséquilibres dans la répartition des richesses et des politiques publiques guidées par des logiques de marché et de lobbies plutôt que par les droits. Elle a ainsi estimé que le bilan du gouvernement constitue davantage « un bilan de dysfonctionnements majeurs » qu’un bilan d’accomplissements.
Elle a évoqué une série de problématiques structurelles, notamment l’aggravation des inégalités sociales et territoriales, la fragilité du marché de l’emploi, l’érosion de la confiance, la persistance de la corruption et des rentes, ainsi que les faiblesses des systèmes éducatif et sanitaire. Elle a également dénoncé l’incapacité de l’État à préserver le pouvoir d’achat et l’absence d’une politique économique privilégiant la production nationale face aux importations et à la spéculation.
Fatima Tamni a estimé qu’aucun discours sur la réussite ne saurait être crédible tant que le citoyen ne perçoit pas d’amélioration concrète dans sa vie quotidienne.
La députée a également interrogé l’efficacité des dépenses publiques, rappelant que le gouvernement affirme avoir mobilisé 135 milliards de dirhams via la Caisse de compensation pour stabiliser les prix des produits de base. Elle s’est interrogée : « Si de tels montants ont été engagés, pourquoi les prix ont-ils continué d’augmenter ? »
Elle a poursuivi en dénonçant l’érosion du pouvoir d’achat, soulignant que de nombreux citoyens ont le sentiment que leurs revenus s’évaporent avant la moitié du mois.
Selon elle, le système de compensation s’est transformé en hémorragie financière, sans réforme structurelle, sans ciblage efficace des bénéficiaires et sans lutte réelle contre les pratiques monopolistiques. Elle a qualifié le bilan présenté par le chef du gouvernement de « compilation de discours et de chiffres visant à masquer les échecs plutôt qu’à refléter un impact social réel ».
Dans le même registre, Fatima Tamni a évoqué les annonces gouvernementales relatives à l’investissement, notamment l’approbation de 381 projets pour un montant de 245 milliards de dirhams, censés générer 581 000 emplois.
Elle a toutefois mis en doute la concrétisation de ces promesses, s’interrogeant sur leur impact réel sur l’emploi, le chômage et les conditions salariales.
Selon elle, la réalité vécue par la jeunesse marocaine est marquée non pas par l’espoir, mais par l’inquiétude, l’émigration, le retrait social et parfois la répression, estimant que le gouvernement n’a pas apporté de réponse sociale tangible, se contentant d’annonces chiffrées déconnectées du vécu quotidien.






