Le président du groupe socialiste – opposition ittihadie, Abderrahim Chahid, a vivement critiqué le gouvernement au sujet du calendrier de présentation de son bilan, s’interrogeant sur les raisons de son exposition à seulement quatre mois de la fin de la législature et à six mois des élections. « Que restera-t-il alors des échéances liées au contrôle mensuel ? », a-t-il lancé.
S’exprimant ce mardi 21 avril 2026 lors de la séance consacrée à la discussion du bilan présenté la semaine précédente par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, Chahid a dénoncé la précipitation de l’Exécutif à « se défaire » d’un bilan qui, selon lui, devrait rester un processus continu jusqu’à la fin du mandat. Il a comparé cette démarche à une « sortie prématurée du navire avant d’atteindre le port », rappelant que « le capitaine doit être le dernier à quitter le navire ».
Le député a estimé qu’un bilan gouvernemental doit reposer sur une double lecture essentielle : les réalisations et les insuffisances, reprochant au gouvernement de se limiter à l’exposition de « réalisations illusoires », sans évoquer les défis non relevés.
Dans ce contexte, il a pointé du doigt l’absence du chef du gouvernement lors des séances mensuelles de reddition des comptes, qu’il qualifie de « violation flagrante de l’article 100 de la Constitution », ainsi que les absences répétées de plusieurs ministres lors des séances hebdomadaires et leur refus de répondre à des centaines de questions écrites. Il a également dénoncé un manque d’interaction avec les commissions parlementaires et les propositions de loi émanant de l’opposition.
Chahid a par ailleurs critiqué l’intégration, dans le bilan gouvernemental, de propositions législatives de l’opposition sans que celles-ci n’aient fait l’objet d’un traitement réel, tout en fustigeant le registre discursif employé par le chef du gouvernement, jugé inapproprié pour un débat institutionnel. Il a notamment relevé l’usage de termes tels que « surenchères », « polémiques », « campagnes orchestrées » ou encore « pressions », s’interrogeant : « À qui vous adressez-vous, Monsieur le Chef du gouvernement ? Nous sommes des représentants de la Nation, non un ennemi extérieur. »
Il a également questionné la capacité de l’Exécutif à tolérer la contradiction, estimant que cette attitude ne favorise ni le développement démocratique ni le renforcement du contrôle parlementaire.
Par ailleurs, Abderrahim Chahid s’est étonné de l’absence de bilan pour plusieurs secteurs stratégiques, notamment les Habous et Affaires islamiques, la Culture et la Communication, les Marocains résidant à l’étranger, ainsi que les secteurs du transport, de la logistique, du commerce extérieur, de l’inclusion et de la solidarité. Selon lui, cette omission pourrait laisser penser que ces départements n’ont pas produit de résultats significatifs.
Concernant le chantier de la protection sociale, il a relevé plusieurs dysfonctionnements, notamment les retards dans les dossiers de la retraite et de l’emploi, tout en critiquant l’adoption accélérée de la loi sur la grève, qu’il considère comme un outil facilitant le licenciement des travailleurs.
En outre, sur la question de la couverture sanitaire, Chahid a évoqué une confusion dans les données présentées, notant que la création de la Haute Autorité de la santé en 2023 n’a pas encore produit les résultats escomptés en matière de collecte et de publication des données. Il a également relevé que l’Agence nationale de l’assurance maladie a cessé de remplir ce rôle, s’interrogeant sur la source réelle des chiffres avancés par le gouvernement et appelant à davantage de transparence institutionnelle.






