À l’aube d’une échéance électorale décisive, le Parti de l’Istiqlal a ouvert sa session printanière ce dimanche 19 avril 2026 par un exercice de lucidité politique peu commun. Devant les cadres, ministres et parlementaires du groupe de l’Unité et de l’Égalitarisme, le secrétaire général Nizar Baraka a dressé un bilan contrasté de l’action gouvernementale depuis 2021. Si le leader du parti s’est félicité de la concrétisation du slogan « l’équité maintenant » à travers le déploiement massif de la protection sociale — bénéficiant aujourd’hui à près de 12 millions de citoyens — il a également assumé une part d’ombre, admettant des échecs patents dans plusieurs dossiers stratégiques.
Sur le front social, la revalorisation des salaires dans la fonction publique, passés en moyenne de 8 200 à 10 600 dirhams, et l’extension du réseau des voies express à 2 400 kilomètres figurent parmi les trophées d’un mandat marqué par un investissement public record de 380 milliards de dirhams. Cependant, Nizar Baraka a reconnu que cette dynamique n’a pas suffi à dynamiser l’emploi de manière significative, le taux de chômage stagnant autour de 13 %. Ce dernier a pointé du doigt un secteur privé trop timoré et une croissance qui peine à absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail, particulièrement les femmes, dont le taux d’activité plafonne toujours à 20 %.
Le ton s’est fait plus sévère lorsque le secrétaire général a abordé la fragilisation de la classe moyenne et la lutte contre la vie chère. Malgré les subventions étatiques, Nizar Baraka a fustigé une « culture du profit excessif » et des spéculations que le gouvernement n’a pas réussi à endiguer, notamment sur les prix des carburants et du bétail. Il a également concédé que, malgré la multiplication des poursuites judiciaires, l’impact de la lutte contre la corruption reste imperceptible pour le citoyen lambda. En guise de perspective, le patron de l’Istiqlal a appelé à une réforme urgente des retraites et à une consolidation de la souveraineté alimentaire, tout en plaidant pour un « Maroc à une seule vitesse » capable de réduire les fractures territoriales d’ici 2030.






