Dans un contexte marqué par la montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment autour de la crise iranienne et de ses répercussions attendues sur les marchés mondiaux de l’énergie, l’expert économique Zakaria Karti met en garde contre la vulnérabilité du système énergétique marocain et ses potentielles conséquences sur le pouvoir d’achat des citoyens.
Dans une publication récente, il souligne l’ampleur du déficit en matière de sécurité énergétique du Royaume, en comparaison avec d’autres pays. À titre d’exemple, il évoque le cas de la France, dont les réserves pétrolières stratégiques couvriraient jusqu’à 108 jours de consommation, alors que les stocks du Maroc ne dépasseraient pas 30 jours.
Selon lui, ce niveau ne constitue pas seulement un écart par rapport aux standards internationaux, mais demeure également inférieur au seuil minimal fixé par la législation nationale depuis 1973 — un minimum qui, affirme-t-il, n’aurait jamais été pleinement respecté au cours des dernières décennies.
Au-delà du volume des réserves, Zakaria Karti pointe les fragilités structurelles du secteur. Il rappelle que depuis la fermeture de la raffinerie La Samir en 2015, aucune solution alternative de raffinage n’a été mise en place. Il déplore également l’absence d’un dispositif institutionnel efficace pour la gestion du stockage stratégique, ainsi que le manque d’un plan national d’urgence permettant d’anticiper les ruptures d’approvisionnement ou les flambées soudaines des prix.
Pour l’expert, les conséquences de ces insuffisances ne relèvent plus de l’hypothèse. Chaque choc externe en révèle les effets. La crise iranienne actuelle, conjuguée à une possible hausse des cours internationaux du pétrole, pourrait entraîner une nouvelle augmentation des prix des carburants au Maroc. Il estime ainsi que le litre de gasoil pourrait osciller entre 14 et 15 dirhams sur le marché national.
Une telle évolution aurait, selon lui, un impact direct sur les coûts de transport, avec des répercussions en chaîne sur les prix des produits alimentaires et des services. Les ménages marocains, déjà confrontés à une pression inflationniste persistante, pourraient voir leur charge financière s’alourdir davantage.
En conclusion, Zakaria Karti considère que si la crise actuelle n’est pas à l’origine des failles structurelles du secteur énergétique, elle en met crûment en lumière les limites. Il appelle, en filigrane, à une réforme profonde et accélérée de ce secteur stratégique, afin de renforcer la sécurité énergétique du pays et de prémunir les citoyens contre la volatilité des marchés internationaux.






