à la uneMonde

Réseaux de trafic de déchets démantelés lors d’une opération mondiale

De récentes enquêtes de sécurité menées en Espagne ont révélé une hausse des activités de trafic illicite de déchets et de substances polluantes, dans le cadre d’une vaste opération internationale visant les réseaux de criminalité environnementale transfrontalière.

L’opération a conduit à l’arrestation de centaines de personnes et à la saisie d’importantes quantités de déchets dangereux et de matières contaminantes.

Les données indiquent que l’opération, baptisée Custos Viridis, s’est déroulée entre janvier et décembre 2025 sur cinq continents, avec la participation de 71 pays et une coordination de Europol.

Selon les autorités participantes, l’opération a abouti à 337 arrestations à l’échelle internationale, à la saisie de plus de 127 000 tonnes de déchets et 602 tonnes de substances polluantes, ainsi qu’à la confiscation d’avoirs et de biens d’une valeur estimée à 31 millions d’euros, ce qui en fait l’une des plus importantes campagnes internationales contre la criminalité environnementale ces dernières années.

En Espagne, le service de protection de la nature de la Garde civile (SEPRONA) a mené de nombreuses opérations de terrain ayant permis de démanteler 23 réseaux impliqués dans la gestion illégale de déchets et le trafic de gaz réfrigérants, tandis que 41 personnes font l’objet d’enquêtes dans ce cadre.

Les investigations se sont concentrées sur plusieurs ports et points de passage frontaliers stratégiques, notamment Algésiras, Barcelone, Valence et Santander, considérés comme des hubs majeurs du commerce international entre l’Europe et l’Afrique du Nord.

Les enquêtes ont montré que les réseaux criminels utilisent des itinéraires internationaux complexes pour transporter déchets et substances dangereuses, notamment des véhicules hors d’usage, des déchets électroniques, des textiles usagés et des gaz réfrigérants interdits ou strictement réglementés dans l’Union européenne.

Des médias espagnols ont également signalé que certains réseaux de contrebande de gaz réfrigérants transiteraient par le Maroc avant d’être réintroduits sur le marché européen, dans le but de contourner les restrictions environnementales imposées au sein de l’UE.

L’opération a aussi mis en évidence l’augmentation du trafic illégal de déchets textiles et de vêtements usagés, transportés en grandes quantités via des circuits commerciaux internationaux avant d’être abandonnés ou éliminés de manière illégale dans des sites non autorisés, ce qui accroît les risques environnementaux et sanitaires.

Les enquêteurs ont également identifié l’utilisation par les réseaux de criminalité organisée de méthodes telles que la falsification de documents et la fraude afin de faire passer des déchets dangereux à travers les frontières.

Ces développements interviennent dans un contexte de mises en garde croissantes au niveau européen et international concernant l’expansion de la criminalité environnementale, devenue un secteur attractif pour les réseaux organisés en raison de profits élevés et de risques pénaux relativement faibles par rapport à d’autres formes de trafic.

La récente opération confirme ainsi que le trafic illicite de déchets n’est plus une activité marginale, mais constitue désormais une économie criminelle transnationale qui menace l’environnement, la santé publique et exploite les failles des systèmes de contrôle internationaux.

Related Posts

Leave A Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *