Dans un contexte politique marqué par une recrudescence des phénomènes de transhumance partisane à l’approche des échéances électorales de 2026, le débat sur l’éthique de la pratique politique refait surface au Maroc. Si certains considèrent le changement d’appartenance politique comme un droit légitime dans une démocratie, d’autres y voient une forme d’opportunisme qui fragilise la crédibilité des partis et interroge la cohérence des engagements politiques.
Cette polémique a récemment été relancée par une prise de position de Mohammed Khayi El Khamlichi, dirigeant et ancien parlementaire du Parti de la Justice et du Développement (PJD) à Tanger. Dans un message publié sous le titre « Message à qui de droit », il s’est adressé à certains élus ayant quitté les rangs du parti sans annoncer officiellement leur démission, dénonçant ce qu’il considère comme des pratiques contraires à l’éthique politique.
Dans sa publication, Khayi estime que la moindre des choses aurait été, pour les élus concernés, de présenter leur démission avant de rejoindre une autre formation politique, afin de faire preuve de clarté et de responsabilité vis-à-vis des électeurs. Selon lui, changer de parti n’est pas en soi condamnable, mais la problématique réside dans la volonté de conserver des mandats obtenus sous l’étiquette d’un parti tout en s’en éloignant politiquement.
Cette sortie intervient alors que plusieurs observateurs évoquent le cas d’élus ayant obtenu leurs sièges lors des élections du Élections législatives marocaines de 2021 sous la bannière du PJD, tout en se rapprochant officieusement d’autres formations politiques. Pour Khayi, une telle situation soulève une question d’ordre moral et politique, appelant les élus concernés à restituer les mandats acquis au nom du parti et des électeurs qui leur ont accordé leur confiance.
Au-delà de cette polémique, de nombreux analystes estiment que la transhumance politique révèle une crise de confiance entre les citoyens et une partie de la classe politique. Dans ce contexte, l’appartenance partisane apparaît parfois comme un simple instrument électoral plutôt que comme l’expression d’une conviction idéologique durable.
Ce débat relance ainsi les discussions autour de la nécessité de mieux encadrer juridiquement la transhumance politique, de renforcer les règles éthiques encadrant la vie publique et de promouvoir davantage de transparence dans l’exercice des responsabilités politiques. À l’approche des prochaines échéances électorales, la question de la cohérence et de l’intégrité des élus demeure plus que jamais au cœur des préoccupations du débat public.






