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Le ministre de l’Agriculture annonce un renforcement du contrôle des pesticides

Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, a annoncé qu’au cours de l’année en cours, le nombre d’échantillons de produits agricoles soumis à des analyses de laboratoire pour la détection des résidus de pesticides sera augmenté à l’échelle nationale, afin de garantir l’approvisionnement des marchés en produits sains et sûrs et de protéger la santé des consommateurs.

Répondant à une question écrite adressée par le député Moulay El Mehdi El Fatmi, membre du groupe socialiste – opposition ittihadie, le ministre a indiqué qu’en 2025, 7 069 échantillons de produits agricoles destinés au marché national ont été prélevés pour analyses. Ces contrôles ont conduit à la destruction de plus de 43 tonnes de produits non conformes et à l’établissement de 206 procès-verbaux transmis aux autorités compétentes.

Au niveau des postes frontaliers, 4 951 échantillons de produits agricoles importés ont été analysés, entraînant le refoulement de 2 077 tonnes de marchandises non conformes vers leurs pays d’origine.

Le ministre a précisé que les produits de protection des plantes sont soumis, avant leur importation ou leur commercialisation sur le marché national, à une procédure d’homologation rigoureuse fondée sur une évaluation exhaustive des données toxicologiques, écotoxicologiques, analytiques et biologiques. Ces produits sont également examinés par la Commission nationale des produits phytosanitaires. Il a ajouté que des efforts sont déployés pour encourager et simplifier les procédures d’autorisation des produits à faible risque, notamment les pesticides biologiques.

Il a par ailleurs souligné que l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA) est chargé d’autoriser les produits phytosanitaires conformes aux normes techniques internationales, rappelant qu’aucun pesticide ne peut être commercialisé sans satisfaire aux exigences de sécurité et d’efficacité.

Dans ce cadre, le ministre a rappelé qu’en 2018, une réévaluation de plusieurs substances actives a conduit à l’interdiction de 65 substances, au retrait de plus de 400 pesticides du marché national et au durcissement des conditions d’utilisation de 15 autres substances, tout en veillant à la disponibilité d’alternatives permettant la protection des cultures contre les ravageurs, maladies et adventices.

En 2025, l’ONSSA a contrôlé plus de 32 000 tonnes de produits phytosanitaires et 920 000 tonnes d’engrais, en plus de l’inspection des sociétés importatrices et de plus de 1 400 points de distribution et de vente à l’échelle nationale. Ces contrôles ont porté sur les conditions d’exposition et de stockage, l’étiquetage, la qualité des produits ainsi que les registres de vente et d’achat.

Conformément à la loi n°28.07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires, l’Office met en œuvre chaque année un programme national de surveillance couvrant l’ensemble des régions du Royaume, à travers des prélèvements et analyses réalisés dans les exploitations agricoles, les marchés de gros, les unités de conditionnement et de stockage ainsi que les commerces, afin de vérifier l’absence d’utilisation de pesticides interdits ou non autorisés et le respect des limites maximales de résidus fixées par la réglementation en vigueur.

En cas de non-conformité, les produits concernés sont saisis et détruits, des procès-verbaux sont dressés et les agriculteurs sont sensibilisés au respect des bonnes pratiques agricoles. Les points de vente sont également notifiés afin de procéder au retrait immédiat des produits incriminés.

Dans sa question écrite, le député Moulay El Mehdi El Fatmi avait alerté sur la présence, dans certains marchés nationaux, de produits agricoles soupçonnés d’avoir été traités avec des pesticides interdits, d’engrais frauduleux ou ne respectant pas les normes sanitaires lors du transport et du stockage. Il a évoqué une faiblesse dans les opérations de contrôle quotidien, susceptible de mettre en danger la santé publique et de pénaliser les agriculteurs respectueux des normes.

Le parlementaire a interrogé le ministre sur les mesures envisagées pour renforcer le contrôle strict de la qualité des produits agricoles sur les marchés nationaux, lutter contre la fraude en matière d’engrais et de pesticides, et s’assurer que l’ONSSA dispose des ressources humaines et matérielles nécessaires pour mener efficacement ses missions de contrôle, d’inspection et de sanction.

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