La coordinatrice nationale de la direction collective du Parti Authenticité et Modernité (PAM), Fatima Zahra Mansouri, a tenu à reconnaître la légitimité des revendications portées par la jeunesse sur les réseaux sociaux et dans la rue. Selon elle, ces voix reflètent une réalité difficile vécue par les Marocains, et il est indispensable de les écouter avec attention.
Lors d’une réunion mardi avec le nouveau bureau national de la jeunesse du parti, Mansouri a souligné que si le Maroc avait pleinement réussi dans tous les domaines, ces voix de contestation ne se feraient pas entendre aujourd’hui. « Ceux qui refusent de reconnaître les progrès réalisés depuis les années 1970 montrent une certaine mauvaise foi, mais cela n’occulte pas l’existence de problèmes réels », a-t-elle précisé.
S’adressant directement aux jeunes militants du PAM, elle a rappelé : « Vos protestations sont légitimes, mais nous souhaitons qu’elles soient organisées afin d’ouvrir un dialogue constructif. La manifestation pacifique est le signe d’une démocratie vivante et d’une société qui s’engage. » Elle a insisté sur le fait que l’ambition politique se construit pas à pas, et que le peuple reste le juge ultime : « Si demain les citoyens décident de ne pas voter pour nous, nous l’accepterons. Nous ne sommes pas parfaits, nous faisons des erreurs et nous continuerons d’en faire, mais l’essentiel est de les corriger. C’est là toute la force de l’expérience démocratique. »
Concernant le secteur de la santé, la responsable a reconnu que le Maroc fait face à des difficultés profondes, liées à des problèmes anciens et structurels. « Les hôpitaux tels que nous les connaissons depuis les années 1970 à 1990 sont restés pratiquement les mêmes. Former 30 000 médecins supplémentaires ne peut se faire du jour au lendemain. Nous avançons avec patience et responsabilité, sans promettre l’impossible aux Marocains », a-t-elle expliqué. Elle a salué les initiatives telles que l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), soulignant que l’accès aux soins n’est plus réservé à ceux qui en ont les moyens, mais que des améliorations restent nécessaires.
Sur le plan politique, Mansouri a défendu l’importance des partis et des institutions : « La jeunesse qui critique le système lance un défi légitime. Mais le véritable enjeu est de proposer une alternative constructive. On peut soit rejeter complètement les partis et les élections, soit reconnaître leur nature humaine, avec ses forces et ses faiblesses, et s’engager pour les améliorer de l’intérieur. »
Elle a conclu en insistant sur l’importance de convaincre la nouvelle génération que l’engagement politique peut être un outil de changement : « Les partis sont des entités humaines où coexistent le bon et le mauvais, le compétent et le faible, l’honnête et le corrompu. Notre rôle est de travailler à renforcer ce qui fonctionne et corriger ce qui ne va pas. »






