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Tensions au sein du secteur des MRE : sanctions, révocations et colère syndicale

Alors que le Maroc s’apprête à mettre en œuvre une nouvelle vision royale dédiée à la gestion des affaires des Marocains résidant à l’étranger, le département chargé de ce dossier traverse une vive crise interne. Selon des sources syndicales, des décisions administratives controversées ont récemment provoqué une forte tension au sein de l’institution.

D’après une note syndicale, l’administration a suspendu, à quelques jours de l’Aïd Al-Adha, les indemnités mensuelles de plus de 70 cadres et fonctionnaires. Cette mesure a suscité des mouvements de protestation pacifiques réclamant l’ouverture d’un dialogue social et un réexamen de la situation.

Toujours selon la même source, ces revendications auraient été suivies de mesures qualifiées de « disciplinaires », notamment la fin du détachement d’un haut cadre ayant signé une pétition de protestation, ainsi que la révocation de quatre responsables de leurs fonctions.

Cette situation intervient dans un contexte de transition institutionnelle marqué par l’annonce royale du 6 novembre 2024 portant création de la Fondation Mohammedienne des Marocains Résidant à l’Étranger, appelée à constituer le nouveau cadre de gestion des questions liées à la diaspora marocaine.

La note syndicale affirme également que l’administration aurait laissé entendre qu’une partie des effectifs ne serait plus nécessaire dans la future organisation, tout en refusant parallèlement de signer des demandes de mobilité vers d’autres départements ministériels. Les représentants des salariés dénoncent par ailleurs ce qu’ils considèrent comme une marginalisation de compétences expérimentées – titulaires de masters, doctorats et diplômes d’ingénieurs – ayant contribué à l’organisation d’événements internationaux majeurs, notamment le Forum mondial sur la migration et le développement ainsi que l’adoption du Pacte de Marrakech sur les migrations en 2018.

Le document syndical critique également la fermeture ou le démantèlement de plusieurs structures déconcentrées, dont la Maison des Marocains du Monde et des Affaires de la Migration à Tiznit, ainsi que les difficultés persistantes rencontrées par les employés de l’antenne de Khouribga. Selon les syndicats, les origines de cette crise remontent au déménagement du département, en octobre 2021, de son siège de l’Agdal vers le quartier Hassan à Rabat. Cette opération aurait été menée de manière désorganisée, laissant de nombreux fonctionnaires sans affectation claire pendant plusieurs mois et soulevant des interrogations sur les conditions de travail et de sécurité au sein du nouveau siège.

Estimant avoir privilégié jusque-là la retenue afin de préserver le chantier de restructuration en cours, les représentants du personnel accusent désormais l’administration d’avoir profité de ce climat d’apaisement pour prendre des décisions qu’ils jugent arbitraires. Dans ce contexte, le climat social au sein du département apparaît de plus en plus tendu, tandis que les syndicats appellent les autorités de tutelle à intervenir rapidement afin d’ouvrir un dialogue constructif et d’éviter une aggravation de la crise.

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