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Mort d’un Marocain à Bologne: Le Parlement interpelle le gouvernement sur les circonstances du drame

La mort de Abderrahim Fakir, un ressortissant marocain décédé à Bologne, en Italie, suscite une vive controverse après la diffusion de vidéos documentant les conditions de son interpellation par la police. Face à la divergence des versions sur les circonstances du drame, les autorités italiennes ont ouvert une enquête afin d’établir les faits et de déterminer les responsabilités.

Dans ce contexte, le groupe parlementaire de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM) à la Chambre des conseillers a adressé une question écrite au ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita. Les parlementaires demandent à connaître les mesures prises pour suivre cette affaire et garantir la protection des droits du défunt et de sa famille.

La question parlementaire, transmise sous la supervision du président de la Chambre des conseillers, souligne que l’opinion publique nationale suit avec une profonde inquiétude les circonstances de ce décès. La circulation de données et de séquences vidéo a poussé les autorités italiennes à lancer une procédure judiciaire pour faire toute la lumière sur cet incident.

Le groupe parlementaire a insisté sur le fait que la portée de ce dossier dépasse la seule recherche de la vérité sur la mort de ce citoyen : elle touche à la nécessité de protéger les droits des Marocains résidant à l’étranger et de leur assurer un accompagnement juridique et humain, en particulier lorsqu’il existe des soupçons de circonstances anormales nécessitant une intervention officielle.

Dans ce cadre, les conseillers demandent au ministère des Affaires étrangères de préciser les démarches engagées par l’ambassade du Maroc et ses consulats en Italie pour assurer le suivi du dossier, ainsi que la nature des contacts pris avec les autorités italiennes compétentes.

Le groupe s’interroge également sur les garanties d’une enquête imparciale et transparente conduisant à la manifestation de la vérité. Il s’enquiert en outre des formes d’assistance juridique, administrative et humanitaire apportées ou prévues en faveur de la famille de la victime. Enfin, les parlementaires appellent à clarifier les mécanismes retenus par le ministère pour renforcer la protection des ressortissants marocains à l’étranger lors de situations similaires.

Une interpellation sous tension

Les faits remontent au dimanche 19 juillet 2026, dans le quartier populaire de Pilastro, à Bologne. Une patrouille de police s’est rendue sur place après des signalements faisant état d’un individu en état d’agitation sévère dans un garage de la rue Svevo. Selon la version livrée par la police, Abderrahim Fakir aurait dégradé un véhicule de patrouille, ce qui aurait contraint les agents à faire usage de spray au poivre avant de le plaquer au sol et de lui entraver les mains et les pieds.

Cependant, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux soulève de sérieuses interrogations quant aux modalités de cette intervention. Les images montrent deux policiers maintenant le ressortissant marocain face contre terre, tandis qu’un troisième individu en tenue civile lui immobilise les chevilles, le tout sous le regard de deux secouristes présents sur les lieux. Selon les mêmes éléments, la victime n’a cessé de crier à l’aide avant de perdre progressivement connaissance. Des témoins parmi les riverains affirment l’avoir entendu appeler au secours à plusieurs reprises.

L’événement a provoqué une vague d’indignation. Des habitants du quartier sont descendus dans la rue pour réclamer justice et exiger que toute la lumière soit faite, tandis que la famille de la victime a rejeté les accusations portées contre le défunt. À l’inverse, les syndicats de police ont défendu les agents impliqués, mettant en garde contre les « procès médiatiques » sur les réseaux sociaux et appelant à attendre les résultats des investigations officielles, notamment l’analyse des images issues des caméras piétons portées par les policiers.

Le parquet de Bologne a ouvert une enquête et ordonné une autopsie afin de déterminer les causes exactes du décès. Parallèlement, l’autorité sanitaire locale a lancé une procédure interne pour évaluer le rôle des secouristes sur place.

Âgé de 42 ans, Abderrahim Fakir résidait en Italie depuis plus de trente ans et dirigeait une petite entreprise de transport et de logistique. Marié, il était décrit par ses proches comme un homme pacifique et sans histoire, sa famille rejetant fermement toute mise en cause pénale à son encontre.

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