Dans une escalade sans précédent, le Syndicat national des industries du pétrole et du gaz a provoqué une onde de choc politique et économique en appelant explicitement au retrait du dossier des carburants du Conseil de la concurrence, estimant que cette institution a « échoué » à réguler un marché marqué par des dysfonctionnements persistants et une flambée des prix pesant lourdement sur les ménages marocains.
Cette position, exprimée dans le communiqué final du sixième congrès national du syndicat, tenu à Mohammedia les 18 et 19 avril 2026, ne se limite pas à un simple diagnostic. Elle met directement en cause la responsabilité de l’État, en plaidant pour la création d’une agence nationale indépendante de régulation du secteur énergétique, reconnaissant implicitement les limites de l’approche actuelle en matière de contrôle des prix et d’organisation du marché.
Le syndicat n’a pas caché son mécontentement face à la libéralisation des prix des carburants, qu’il qualifie de « porte ouverte à la dérégulation », où les prix seraient fixés sans véritable mécanisme de contrôle, laissant le consommateur en position de vulnérabilité.
Il est allé plus loin en mettant en garde contre toute suppression des subventions sur le gaz butane et l’électricité, dans un contexte de pression accrue sur le pouvoir d’achat des citoyens.
Dans un autre registre, le syndicat a remis sur la table le dossier de la raffinerie Samir, appelant à sa remise en activité via une reprise par l’État. Selon lui, la fermeture de cette installation depuis 2015 constitue une menace directe pour la sécurité énergétique nationale, en maintenant le Maroc dépendant des marchés internationaux et de leurs fluctuations. Cette proposition ravive ainsi un débat stratégique longtemps relégué au second plan au profit d’une logique d’importation.
Par ailleurs, l’organisation syndicale a dénoncé l’insuffisance des mécanismes de protection du marché face aux importations non encadrées, appelant à un développement accru des industries pétrochimiques et à une diversification énergétique fondée notamment sur le gaz naturel, dans le cadre d’une vision globale visant à rétablir l’équilibre entre investissement et intérêt général.






