L’intervention de Staffan de Mistura devant le Conseil de sécurité, ce jeudi, s’apparente moins à une simple formalité diplomatique qu’à un exercice de haute voltige. Bien qu’aucune résolution ne soit attendue dans l’immédiat, ce briefing survient à un moment de bascule géopolitique, où chaque acteur attend de l’administration américaine un signal décisif pour clore ce différend qui n’a que trop duré.
Une conjoncture internationale sous haute tension
Ce rendez-vous d’avril 2026 s’inscrit dans un climat mondial délétère, assombri par les tensions entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Si la fermeture du détroit d’Ormuz a provoqué une onde de choc économique mondiale, elle a paradoxalement servi les intérêts de l’Algérie, laquelle a tenté — en vain — de transformer la manne financière issue de la flambée des hydrocarbures en capital diplomatique pour influencer le dossier du Sahara.
Face à cette offensive, le Maroc a su maintenir son cap stratégique, engrangeant des succès diplomatiques notables. Le retrait de la reconnaissance de la « rasd » par le Mali, la Bolivie (février 2026) et le Honduras (avril 2026), ainsi que le ralliement de la Suède, de l’Égypte et de la Grande-Bretagne à la position marocaine, illustrent l’isolement croissant des thèses séparatistes.
Les quatre chemins de la diplomatie
L’analyse de la situation actuelle permet de dégager quatre scénarios prospectifs pour les mois à venir :
La persistance du statu quo : Ce scénario, le plus classique, consisterait à accorder un répit supplémentaire aux parties. Tandis que le Maroc poursuit sereinement le développement socio-économique de ses provinces du Sud, le régime algérien s’enferme dans une rhétorique d’obstruction, refusant d’assumer sa responsabilité historique en tant que partie prenante principale.
L’offensive diplomatique américaine : Dans cette hypothèse, Washington exercerait une pression déterminante sur Alger pour la contraindre à rejoindre la table des négociations. L’objectif serait d’imposer le respect de la résolution 2797 et de sanctuariser le plan d’autonomie comme unique base de discussion, sous un calendrier strict.
Le spectre de l’escalade : En cas d’enlisement total et de refus algérien de coopérer, un retour aux tensions de terrain n’est pas à exclure. Si ce scénario demeure le moins probable, le risque d’une intensification des escarmouches à l’est du mur de défense pourrait forcer le Conseil de sécurité à adopter des mesures plus coercitives.
La consécration du réalisme politique : C’est le scénario qui gagne en vigueur. Fort d’un soutien international de plus en plus large, le plan d’autonomie s’impose désormais comme la seule issue viable. Ce cadre, validé par la légalité internationale, attend sa consécration finale par un engagement ferme de la communauté internationale.
En perspective
Si l’intervention de De Mistura ne constitue pas une révolution en soi, elle dessine néanmoins la trajectoire jusqu’à la réunion cruciale d’octobre prochain. La diplomatie marocaine, forte de ses récents acquis, semble avoir désormais l’avantage du temps et de la raison, face à un processus politique qui appelle, plus que jamais, une solution définitive sous souveraineté du Royaume.






