La polémique rebondit sous la coupole de la Chambre des représentants. Le député du Groupe socialiste – Opposition ittihadie, Driss Chtibi, qui présidait la séance, a ordonné aux photographes accrédités de quitter l’hémicycle immédiatement après le lancement de la séance des questions orales, une démarche qui a suscité l’étonnement de nombreux observateurs de la scène parlementaire et médiatique. L’incident s’est répété lors de la séance publique tenue ce lundi, consacrée aux questions orales en présence de plusieurs membres du gouvernement. M. Chtibi a justifié sa décision par la nécessité de respecter les dispositions du règlement intérieur de la Chambre des représentants, estimant que le maintien des photographes dans la salle après le début des débats contribuait à « perturber » le déroulement normal des travaux.
Pour appuyer sa décision, le président de séance s’est basé sur l’article 157 du règlement intérieur de la Chambre, qui stipule que l’accès à l’hémicycle est strictement réservé aux députés, aux membres du gouvernement, aux fonctionnaires et aux photographes autorisés, tout en interdisant à ces derniers de continuer à filmer ou photographier une fois les séances plénières commencées. Ce même article définit par ailleurs les modalités de répartition des sièges au sein de la salle, que ce soit pour les groupes parlementaires, les membres de l’exécutif, les journalistes, les diplomates ou le public.
Cependant, cette mesure a relancé le débat sur les limites de l’application du règlement intérieur et sur son impact potentiel sur le droit des médias à couvrir les travaux de l’institution législative, d’autant plus que les photographes et les journalistes sont considérés comme des acteurs essentiels pour transmettre les détails de l’action parlementaire à l’opinion publique. Des observateurs soulignent que le nom de Driss Chtibi se retrouve régulièrement associé à la controverse lorsqu’il préside certaines séances publiques, en raison de ce que d’aucuns qualifient de « rigidité » dans l’application des textes, face à des appels à faire preuve de plus de flexibilité pour garantir le respect de la loi sans pour autant restreindre le travail journalistique au sein du Parlement. Cette polémique survient dans un contexte marqué par des demandes croissantes visant à renforcer l’ouverture de l’institution législative sur les médias et l’opinion publique, et à ancrer les principes de transparence et de reddition des comptes, le Parlement étant un espace public dont les citoyens souhaitent suivre de près les débats et les délibérations.






