L’entrée de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) dans le prochain gouvernement ne relèvera pas de la simple figuration ni d’un ralliement de circonstance. Réuni en Conseil national à Rabat, le secrétaire général du parti, Driss Lachgar, a fixé avec fermeté les conditions d’une participation socialiste à la future majorité. Refusant toute logique de découpage ministériel ou de figuration comptable, le leader de la gauche réformiste exige l’établissement d’un contrat politique clair et engageant, structuré autour de jalons précis, d’objectifs chiffrés et de mécanismes réguliers d’évaluation de la performance publique. Pour l’USFP, la présence au sein de l’exécutif n’a de sens que si elle permet de traduire son projet de développement équitable en mesures concrètes ayant un impact direct et mesurable sur le quotidien des citoyens.
Dans cette perspective, le Premier secrétaire a ouvert la voie à la construction d’un partenariat stratégique et réformiste avec le Parti Authenticité et Modernité (PAM), conduit par la Cheffe du gouvernement désignée, tout en militant pour une revitalisation du dialogue au sein de la Koutla démocratique. Dépassant les simples affinités partisanes, ce rapprochement doit se matérialiser par un programme d’action précis pour répondre aux urgences nationales. L’USFP entend peser de tout son poids pour imposer ses priorités sociales et économiques : le conditionnement des aides publiques aux entreprises à la création effective d’emplois durables, une répartition territoriale équitable des investissements publiques au profit des régions défavorisées, ainsi qu’une réforme globale et juste des régimes de retraite. Ce cap doctrinal vise à préserver l’identité et l’autonomie de décision du parti au sein d’une coalition élargie, tout en répondant aux orientations du récent discours royal relatif à la souveraineté économique, hydrique et industrielle du Royaume.
Sur le plan de la gouvernance interne et de la vie de l’appareil, Driss Lachgar a tenu à recadrer les débats en réaffirmant que la décision finale quant à la participation au gouvernement sera tranchée souverainement dans le cadre strict des instances démocratiques du parti. Rejetant les spéculations de coulisses et fustigeant la réduction de la critique politique aux publications sur les réseaux sociaux, il a invité les militantes et militants à privilégier le débat contradictoire responsable au sein des structures légitimes de l’organisation. Parallèlement, le Premier secrétaire a tracé la feuille de route du nouveau groupe parlementaire socialiste, appelant les élus à former un bloc rigoureux et combatif. Que l’USFP intègre les bancs de la majorité ou assume le rôle d’une opposition constructive, l’exigence reste la même : maintenir une présence de terrain auprès des populations et porter des initiatives législatives audacieuses pour placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de toute considération politicienne.
Négociations gouvernementales : l’USFP pose ses conditions et exige un « contrat politique » clair





