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Nabil Benabdallah appelle à la démission du gouvernement : « Il a perdu la confiance des Marocains »

Lors de l’université annuelle du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), tenue ce samedi 4 octobre 2025 sous le thème « L’heure de l’alternative démocratique et progressiste », Nabil Benabdallah a lancé un appel retentissant : il invite le gouvernement actuel à présenter sa démission, estimant qu’il « a failli à ses promesses et perdu la confiance des citoyens ».
Le secrétaire général du PPS n’a pas mâché ses mots. Commentant la récente vague de protestations menée par la “Génération Z”, il a dénoncé un Exécutif « sourd aux attentes des Marocains », qui « s’est contenté de slogans creux, vite révélés sans substance ». Selon lui, la colère populaire qui s’exprime aujourd’hui n’est que « la conséquence logique de politiques qui ont ignoré les priorités sociales et économiques du pays ».

Benabdallah a mis en garde contre « la persistance dans un modèle qui creuse les inégalités et accentue la fracture sociale », appelant à la libération des manifestants arrêtés dans le cadre des mouvements de contestation et à l’ouverture d’un véritable espace de dialogue et d’expression libre.
« Il ne sert à rien d’attendre 2026 pour juger ce gouvernement, a-t-il affirmé.

L’alternative peut naître bien avant, si l’Exécutif trouve le courage d’assumer ses responsabilités, voire de démissionner, par respect pour la volonté populaire. »
Pour Benabdallah, l’échec du gouvernement ne se résume pas aux manifestations. Il découle, dit-il, d’un manque d’écoute, d’une absence de vision et d’une incapacité à concrétiser les promesses faites au peuple.
Il a également pointé du doigt le recul du gouvernement par rapport à ses propres références, notamment le Nouveau modèle de développement, désormais « absent du discours et des priorités », ainsi que le concept d’État social, qu’il a qualifié d’« emprunt mal assumé ».
Sur le plan économique et social, le leader du PPS s’est montré tout aussi critique. Il a dénoncé des réformes sans réelle portée, héritées des précédents exécutifs, et des chiffres qu’il juge « loin de la réalité ». Citant le dossier de l’emploi, il a rappelé que le gouvernement avait promis la création d’un million de postes, alors que « seuls 100 000 ont vu le jour, selon les chiffres de Bank Al-Maghrib », tandis que le chômage des jeunes urbains atteint 47 %.

Concernant la santé, il a regretté que « plus de 80 % des ressources publiques soient orientées vers le secteur privé », s’interrogeant sur la possibilité d’améliorer les hôpitaux publics « dans un contexte aussi déséquilibré ».
Abordant enfin les questions de gouvernance et de transparence, Benabdallah a évoqué les dossiers liés aux conflits d’intérêts et à la corruption, notamment dans les projets de dessalement de l’eau et dans ce qu’il a qualifié de « dérives liées aux marchés publics ». Des situations qui, selon lui, « trahissent l’absence de toute volonté de réforme en profondeur ».

Le secrétaire général du PPS a conclu sur une note préoccupante : celle d’un recul démocratique qu’il juge inédit depuis des décennies. « Ce gouvernement, a-t-il déploré, a tourné le dos à la politique et à la démocratie. Plutôt que d’élargir l’espace du débat et de la liberté, il a choisi de le restreindre, adoptant des lois régressives pour contrôler les médias et réduire au silence les voix critiques. Une dérive que même les gouvernements d’avant l’alternance n’avaient pas osé emprunter. »

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