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Fès : Les différends politiques du conseil communal se règlent au tribunal

Les regards se tournent vers le tribunal de première instance de Fès, qui devrait entamer après-demain, mercredi, l’examen de la plainte directe déposée par le maire de la ville, Abdeslam El Bekkali, contre le conseiller communal Ali Abou Mehdi. Ce nouveau rebondissement témoigne de l’escalade des tensions au sein du conseil municipal, à la suite d’accusations qui ont suscité une vive controverse lors de la dernière session ordinaire.

Selon les informations recueillies, cette plainte fait suite aux déclarations de M. Abou Mehdi, conseiller communal affilié au Front des Forces Démocratiques (FFD). Lors de la réunion du conseil tenue le 15 mai dernier, ce dernier a évoqué des exonérations fiscales présumées dont auraient bénéficié des promoteurs immobiliers concernant des terrains urbains non bâtis (TNB). Il a notamment affirmé que parmi les bénéficiaires figurerait un parlementaire occupant également le poste d’adjoint au maire.

Le maire de Fès, membre du Rassemblement National des Indépendants (RNI), a choisi la voie judiciaire pour répondre à ces propos, estimant qu’ils portent atteinte à sa réputation ainsi qu’à celle des autres personnes visées, directement ou indirectement.

Les poursuites engagées contre le conseiller communal reposent sur des chefs d’accusation de diffamation, de diffusion de fausses allégations et de faits mensongers par le biais de systèmes informatiques, ainsi que d’atteinte à la vie privée. Ces éléments constitueront le cœur des débats juridiques lors des prochaines audiences.

De son côté, Ali Abou Mehdi maintient ses déclarations. Il affirme que ses propos ne relèvent pas de simples accusations politiques, mais qu’ils s’appuient sur des documents et des pièces justificatives en sa possession, qu’il entend présenter au tribunal pour prouver la véracité de ses affirmations.

Cette affaire relance le débat sur la gestion des affaires locales à Fès et illustre la nature des conflits qui perturbent le fonctionnement de plusieurs conseils élus. Les différends politiques et de gestion dépassent désormais le cadre des assemblées pour se régler devant les tribunaux, dans l’attente des conclusions de l’enquête et des délibérations judiciaires.

La première audience s’annonce déterminante pour la suite de la procédure, alors que chaque partie campe sur ses positions : le maire entend défendre son honneur et son statut institutionnel, tandis que le conseiller communal affirme avoir agi dans le cadre de sa mission de contrôle et de la transparence de la gestion des deniers publics.

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