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CNP : Appel à l’unité des journalistes et éditeurs face aux irrégularités des scrutins

La Coordination syndicale du secteur de la presse et de l’édition a publié un communiqué au ton ferme dans lequel elle exprime son vif déni face à ce qu’elle qualifie de « violations, dysfonctionnements et irrégularités » accompagnant le processus de préparation des élections du Conseil National de la Presse.

S’appuyant sur ses positions et ses démarches de lutte engagées depuis plus d’un an pour défendre l’indépendance de la profession et instaurer une autorégulation démocratique et transparente, la Coordination a annoncé son rejet catégorique de la précipitation et de la méthodologie adoptées par la Commission provisoire actuelle chargée de l’organisation de cette échéance professionnelle, considérant que ses mesures constituent une catastrophe pour les listes du corps électoral.

La Coordination syndicale a affirmé que son unité et sa responsabilité, qui ont marqué les différentes étapes de lutte précédentes, resteront pleinement mobilisées pour faire face à toute tentative d’imposer un fait accompli ou de porter atteinte à l’avenir de l’autorégulation de la presse. Elle a réitéré sa détermination de principe à poursuivre son combat par tous les moyens légitimes, sur le terrain, au niveau institutionnel et devant la justice, afin de défendre le droit des journalistes et des éditeurs à choisir leurs instances représentatives à travers des élections transparentes et indépendantes.

En critiquant la méthodologie retenue, le communiqué estime que les démarches et mécanismes appliqués par la Commission provisoire constituent une violation flagrante des lois et des usages professionnels, une atteinte grave à la Constitution et un dépassement manifeste du Code de la presse et de l’édition.

La Coordination considère également que ces décisions traduisent un mépris de la volonté des femmes et des hommes de la presse et consacrent des objectifs visant à exclure l’ensemble des acteurs et parties prenantes du processus électoral lors des phases de préparation et d’organisation, ce qui menace directement la crédibilité de l’échéance dans son ensemble et la légitimité de l’institution qui en découlera.

Elle a souligné que le cœur du problème réside aujourd’hui dans l’intégrité du corps électoral lui-même, s’interrogeant avec les différentes composantes du corps professoral sur l’intérêt et les motivations d’organiser des élections basées sur des listes entachées de lourds dysfonctionnements. Le texte signale une réduction sans précédent du nombre d’électeurs dans plusieurs secteurs, en particulier l’audiovisuel, sans précision ni critères clairs justifiant l’exclusion de centaines de journalistes de leur droit constitutionnel et professionnel de participer. Les dépassements constatés ne se limitent pas à ces radiations injustifiées, mais s’étendent à des incohérences flagrantes, telles que l’inclusion de personnes décédées et de fonctionnaires dans les listes, en parallèle avec l’omission de journalistes professionnels et d’acteurs de terrain sans critères ni justifications publiques.

À cela s’ajoute l’exclusion de catégories techniques qui participaient auparavant aux élections du Conseil National de la Presse, bien qu’aucun changement dans le cadre juridique ne justifie cette mise à l’écart, ce qui porte atteinte aux acquis des pratiques représentatives antérieures.

Concernant la catégorie des éditeurs, la Coordination a critiqué l’absence de critères unifiés et de pluralisme dans le traitement de leurs dossiers, ce qui soulève de sérieuses interrogations sur la transparence des conditions d’inscription et leur application sans sélectivité. Le communiqué note également l’absence de publication complète et transparente des listes d’éditeurs, ce qui prive le corps professionnel du droit de vérifier l’exactitude des données et d’exercer des recours ou des corrections, outre le recours à des réactualisations partielles et sélectives au lieu d’ouvrir une mise à jour globale englobant l’ensemble des établissements et professionnels concernés.

Le communiqué précise que ces dépassements et leurs répercussions directes sur l’intégrité du processus électoral reflètent l’hégémonie et le contrôle instaurés par la loi spécifique portant réorganisation du Conseil National de la Presse.

La Coordination a affirmé qu’il est impossible de traiter ces dysfonctionnements comme de simples erreurs techniques ou des cas isolés, mais plutôt comme une démarche visant à porter atteinte à la légitimité, aux principes d’autorégulation et aux acquis historiques arrachés par les professionnels au fil des années de lutte.

Elle a ajouté que la situation actuelle du secteur dépasse le cadre d’un débat sur la forme des listes et des délais, pour toucher le fondement même de la transparence et de l’intégrité des institutions qui en émaneront, réitérant son rejet absolu de transformer la période transitoire en une porte d’entrée pour imposer une institution dépourvue de confiance et de légitimité, ou pour reconfigurer le secteur selon des critères ambigus et sélectifs à l’écart de la volonté des professionnels.

Enfin, la Coordination syndicale a appelé l’ensemble des journalistes et éditeurs à unir leurs rangs, à dépasser les différends secondaires et à se rassembler dans le cadre de leur responsabilité historique partagée, afin de se mobiliser collectivement pour déjouer toute tentative de dévoyer l’autorégulation de la profession et de préserver les acquis du secteur contre la détérioration et la fragmentation. Elle confirme la poursuite de ses actions de lutte, institutionnelles et judiciaires, jusqu’à la satisfaction des revendications de la profession et le maintien de son indépendance.

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