Lors des échéances politiques décisives, les spéculations vont bon train sur l’interprétation de l’article 47 de la Constitution et la composition du futur exécutif. Alors que le Maroc s’apprête à relever de majeurs défis économiques et sociaux, plusieurs figures du Parti Authenticité et Modernité (PAM) — arrivé en tête des législatives — émergent comme des candidats potentiels pour prendre la tête du gouvernement sur désignation royale.
Parmi les noms les plus fréquemment cités figurent Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice de la direction collégiale du PAM, Fouzi Lekjaa, fort de sa maîtrise des grands dossiers stratégiques, Mohamed Mehdi Bensaid, incarnant la relève politique, Azzedine El Midaoui pour son profil académique, ainsi qu’Abdellatif Ouahbi.
Interrogé par Belpresse, Driss Kssouri, politologue et professeur de droit constitutionnel, rappelle que la prérogative royale d’intervenir au sein du parti vainqueur ne s’enferme pas dans un carcan rigide. Selon lui, la nomination du Chef du gouvernement n’est pas mécaniquement réservée au secrétaire général ou au premier cercle dirigeant du parti.
L’esprit de la Constitution offre au Souverain une marge d’appréciation plus large afin d’assurer la bonne marche des institutions et de promouvoir des compétences à même de conduire les affaires publiques avec rigueur. Il convient ainsi de distinguer la gouvernance partisane de la conduite d’un gouvernement : la qualité de membre du parti vainqueur suffit à ouvrir le champ des possibles, englobant l’ensemble de ses cadres et personnalités.
La charge de chef de gouvernement requiert en effet des qualités qui dépassent la simple logique d’appareil : vision stratégique, arbitrage interministériel, dialogue avec les partenaires sociaux et gestion du rythme gouvernemental sur l’ensemble de la législature.
Selon l’analyse de M. Kssouri, Fouzi Lekjaa apparaît dans ce contexte comme une option particulièrement solide pour prendre les rennes de l’exécutif, en raison de ses états de service dans le pilotage des grands chantiers du Royaume et de sa capacité démontrée à fédérer et à décider sur le terrain.





