Alors que les appels à une gestion plus rigoureuse des deniers publics se multiplient et que la question de l’efficacité de la dépense publique demeure au cœur du débat national, une récente commande publique attribuée par l’AMDIE remet sur le devant de la scène les interrogations relatives à la pertinence des budgets consacrés aux actions de communication institutionnelle et de promotion économique.
Selon les documents relatifs à l’appel d’offres international ouvert n°10/AMDIE/2026, l’Agence, dirigée par Ali Seddiki et placée sous la tutelle du Ministère de l’Industrie et du Commerce conduit par Ryad Mezzour, a validé un marché portant sur l’organisation de conférences, de rencontres institutionnelles et de missions de prospection pour un montant global de 4,038 millions de dirhams TTC, soit plus de 403 millions de centimes.
Les pièces consultées indiquent que la procédure d’ouverture des plis s’est déroulée le 19 mai 2026, avant que la commission chargée de l’évaluation des offres ne finalise ses travaux au début du mois de juin et ne désigne l’attributaire du marché.

Cette nouvelle dépense intervient dans un contexte où les exigences de transparence, d’évaluation de la performance et de reddition des comptes occupent une place croissante dans le débat public. Elle ravive notamment les questionnements sur le rapport entre les moyens financiers mobilisés pour les opérations de promotion économique et les résultats effectivement obtenus en matière d’attraction des investissements étrangers, de consolidation des exportations et de création de valeur pour l’économie nationale.
Plusieurs observateurs s’interrogent ainsi sur les indicateurs de performance permettant de mesurer l’impact réel de ces actions de communication et de prospection, alors que l’Agence fait régulièrement l’objet d’attentes élevées quant à sa capacité à renforcer l’attractivité du Royaume et à accompagner sa stratégie de rayonnement économique à l’international.
Cette interrogation est d’autant plus présente que les données détaillées relatives aux investissements directement générés ou accompagnés par l’AMDIE au cours des dernières années restent peu visibles dans le débat public, alimentant les appels à davantage de transparence sur l’efficacité des ressources engagées et sur le retour concret de ces dépenses pour l’économie marocaine.






