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Sekkouri à Fès : le PAM mise sur une « seconde chance » pour les jeunes

Dans une ambiance particulièrement animée, Younes Sekkouri, membre du bureau politique du Parti authenticité et modernité (PAM) et ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, a ouvert son intervention lors du grand meeting organisé mardi 8 septembre à Fès en interpellant les milliers de participants : « Où sont les jeunes ? Où sont les femmes ? Où est le PAM ? »

Sekkouri a invité l’assistance à se lever et à applaudir le parti, donnant lieu à une séquence marquée par les youyous, les chants et les applaudissements. Plus de 4 000 personnes ont assisté à cette rencontre.

L’événement s’est déroulé en présence de Fatima Saadi, membre de la direction collégiale du secrétariat général du PAM, ainsi que de plusieurs membres du bureau politique, parlementaires, têtes de listes de la région Fès-Meknès, élus et militants du parti.

Après cette séquence, Sekkouri a axé son discours sur les enjeux liés à la jeunesse, à l’emploi, à la formation et à l’État social. Il a estimé que l’action politique devait également être évaluée à l’aune de sa capacité à restaurer la confiance des citoyens et à les convaincre de la pertinence des programmes proposés.

Le ministre a présenté la « seconde chance » accordée aux jeunes comme l’un des principaux leviers de lutte contre le chômage et l’exclusion, évoquant le cas de quelque 300 000 jeunes qui quittent chaque année le système scolaire sans nécessairement disposer d’une voie clairement définie vers la formation ou le marché du travail.

Selon lui, un jeune qui interrompt sa scolarité à l’âge de 15 ans ne devrait pas être condamné à la rue ou au chômage. D’autres perspectives doivent lui être ouvertes à travers la formation et la qualification professionnelle. Une formation de dix ou onze mois, voire d’un ou deux ans, peut, selon Sekkouri, constituer une véritable occasion de reconstruire un parcours professionnel et social.

Il a toutefois souligné que la mise à disposition d’une place dans un établissement de formation ne garantissait pas, à elle seule, que le jeune puisse effectivement en bénéficier jusqu’au bout. Il a notamment évoqué les dépenses supportées durant la période de formation, particulièrement les frais quotidiens de transport.

Un jeune contraint de prendre régulièrement le bus ou le taxi peut ainsi se retrouver dans l’incapacité de poursuivre sa formation en l’absence d’un accompagnement social adapté, a-t-il expliqué.

Dans cette perspective, Sekkouri a estimé que la défense de l’État social devait également englober les jeunes engagés dans des parcours de formation, en leur donnant les moyens de poursuivre et d’achever leur cursus. « La volonté seule ne suffit pas », a-t-il en substance souligné, insistant sur la nécessité de créer les conditions permettant aux jeunes de réussir.

Abordant le programme électoral du PAM, le ministre a affirmé qu’il reposait sur la compétence, le réalisme et la faisabilité, plutôt que sur des promesses électorales impossibles à concrétiser.

Il est également revenu sur l’expérience gouvernementale du parti, estimant que sa participation à la gestion des affaires publiques lui avait permis d’acquérir une expérience concrète dans le traitement des politiques publiques.

Sekkouri a reconnu que le PAM « n’avait pas réussi sur tous les plans », une réalité qu’il dit assumer avec « humilité ». Il a toutefois estimé que cette expérience constituait désormais un acquis sur lequel le parti pouvait s’appuyer, aux côtés des compétences dont il dispose.

Le responsable politique a par ailleurs souligné que même le meilleur programme électoral resterait sans effet en l’absence d’une véritable capacité de mise en œuvre et de traduction concrète auprès des citoyens. Le véritable critère de réussite réside, selon lui, dans la transformation des idées et des engagements en décisions et mesures tangibles.

Sekkouri a appelé à recentrer le débat politique sur les programmes et les idées, se disant ouvert aux critiques visant les propositions de son parti. Il a estimé que les divergences autour des politiques publiques étaient naturelles, tout en appelant à éviter les attaques personnelles, considérant que les enjeux auxquels le Maroc est confronté sont plus importants que ce type de polémiques.

Le ministre s’est également attardé sur la situation des retraités, estimant que cette catégorie devait occuper une place plus importante dans la conception de l’État social. Il a rappelé qu’un retraité quitte le marché du travail avec une pension déterminée alors que le coût de la vie continue d’augmenter, plaidant ainsi pour des mesures plus équitables permettant de préserver la dignité de cette population.

En outre, Younes Sekkouri a affirmé que la prochaine étape nécessitait des compétences ainsi qu’une véritable capacité de gestion et d’exécution. Il a salué la direction, les militants et les compétences du PAM, soulignant que la valeur d’un programme électoral ne résidait pas uniquement dans son contenu, mais surtout dans la capacité à le transformer en politiques dont les citoyens peuvent concrètement ressentir les effets.

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