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Santé mentale : plus d’un étudiant marocain sur quatre présente un risque suicidaire

Une étude menée à Tétouan met en lumière les inquiétudes croissantes concernant la santé mentale des étudiants au Maroc. Réalisée auprès de 1 191 étudiants inscrits dans six établissements de l’Université Abdelmalek Essaâdi, elle révèle que 27 % des participants présentaient un risque suicidaire au cours des 30 jours précédant l’enquête, selon des résultats publiés dans une revue scientifique spécialisée.

L’étude porte sur une population étudiante dont l’âge moyen est de 21,69 ans. Elle met en évidence une réalité encore insuffisamment documentée dans l’enseignement supérieur marocain, alors que le Royaume compte environ 1,31 million d’étudiants. Au-delà des parcours académiques, des taux de réussite ou des perspectives d’emploi, les chercheurs soulignent la vulnérabilité psychologique liée aux exigences des études universitaires, aux difficultés économiques et aux incertitudes concernant l’avenir.

Les chercheurs ont identifié plusieurs facteurs associés à ce risque, notamment la consommation de cannabis, les antécédents familiaux de troubles psychiatriques et l’exposition à des violences. Bien qu’aucun de ces facteurs ne puisse, à lui seul, expliquer toutes les situations, ils dressent le portrait d’une fragilité susceptible d’aggraver la souffrance psychologique d’une partie des jeunes.

Cette recherche apporte des données précieuses sur un sujet encore peu étudié dans les universités marocaines. Si les effectifs étudiants, les programmes de formation et les performances académiques font l’objet d’un suivi régulier, la santé mentale demeure relativement absente des politiques de l’enseignement supérieur. Pourtant, le stress des examens, l’éloignement familial, la précarité financière et l’isolement social peuvent avoir un impact important sur le bien-être psychologique des étudiants.

Les auteurs de l’étude appellent ainsi au renforcement des dispositifs de dépistage, d’accompagnement et d’orientation au sein des établissements universitaires. Selon eux, le défi consiste à mieux identifier les étudiants les plus vulnérables tout en produisant des données actualisées afin d’orienter les politiques publiques en matière de santé mentale.

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