Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du Parti authenticité et modernité (PAM) et ministre délégué chargé du Budget, a affirmé que son parti ambitionne, à partir des élections du 23 septembre, d’ouvrir une nouvelle étape politique et gouvernementale fondée sur la protection du pouvoir d’achat et sur une place accrue accordée aux jeunes et aux régions dans le modèle de développement. Une orientation qui, selon lui, doit rompre avec ce qu’il qualifie de « culture du partage du butin, d’affaiblissement du pouvoir d’achat des citoyens et de conflits d’intérêts affichés au grand jour ».
S’exprimant samedi 5 septembre lors du meeting organisé par le PAM dans la région de Dakhla-Oued Eddahab, devant une assistance estimée par les organisateurs à plus de 15 000 personnes, Lekjaa a affirmé que le parti entend changer, dès le 23 septembre, la trajectoire actuelle de l’action gouvernementale. Il a expliqué que ce « changement de cap » doit se traduire par une nouvelle dynamique de développement couvrant l’ensemble des régions du Royaume, chacune devant être en mesure de valoriser ses propres atouts et de contribuer à la création de richesse.
Le responsable du PAM a placé la jeunesse au cœur de cette orientation, estimant que les jeunes, où qu’ils se trouvent, doivent devenir une véritable force créatrice de valeur ajoutée grâce à l’emploi, à la formation, à l’investissement et à une intégration effective dans le tissu économique. Abordant la question des revenus et des salaires, Fouzi Lekjaa est revenu sur la proposition visant à porter le salaire minimum à 5 000 dirhams. S’adressant au ministre de l’Emploi et membre du bureau politique du PAM, Younes Sekkouri, présent à la rencontre, il a déclaré : « Nous avons entendu parler d’une proposition visant à porter le SMIG à 5 000 dirhams. Depuis Dakhla, je le dis : nous sommes tous d’accord. Le ministre de l’Emploi a le cachet, qu’il la fasse passer jeudi, nous sommes d’accord. »
Lekjaa a également estimé que les Marocains sont désormais capables de distinguer les engagements crédibles et réalisables des simples promesses électorales. Il a, dans ce contexte, évoqué la promesse antérieure de créer un million d’emplois, s’interrogeant sur son bilan et estimant que ce type de question doit être placé au cœur du débat politique.
Le ministre délégué chargé du Budget a inscrit cette orientation dans le projet de « Maroc émergent » défendu par le PAM, soulignant que sa concrétisation nécessite des régions fortes et capables de générer leur propre dynamique de développement. Dans cette perspective, il a accordé une place particulière à Dakhla-Oued Eddahab, appelée, selon lui, à devenir l’un des pôles majeurs de cette dynamique territoriale. Sur le volet financier, Lekjaa a souligné que tout programme politique crédible doit apporter une réponse claire à la question du financement de ses engagements. Il a ainsi indiqué que le coût global du programme électoral du PAM s’élève à 350 milliards de dirhams.
Selon ses explications, près de 130 milliards de dirhams correspondent à des programmes de lutte contre les disparités déjà approuvés par l’actuel gouvernement. Les 210 milliards restants seraient répartis sur cinq ans afin de financer des mesures concernant notamment les jeunes, les retraités, le pouvoir d’achat et d’autres priorités sociales.
Répondant aux interrogations sur le coût de ces engagements, Lekjaa a estimé que la mobilisation de ressources financières supplémentaires au bénéfice des Marocains ne devrait pas constituer un obstacle, affirmant que le Royaume avait déjà consacré des montants bien plus importants à certaines politiques sans obtenir les résultats escomptés.
Il a notamment évoqué une enveloppe d’environ 20 milliards de dirhams pour défendre la faisabilité financière des mesures proposées, s’interrogeant sur le fait qu’un tel montant puisse constituer un problème pour le Maroc alors que des budgets plus conséquents ont déjà été mobilisés dans le cadre de programmes antérieurs sans produire, selon lui, les effets attendus.
Fouzi Lekjaa a insisté sur la nécessité de lier le débat sur le financement à celui de l’efficacité des politiques publiques. Selon lui, les crédits mobilisés doivent se traduire concrètement par des créations d’emplois, une amélioration des revenus et des services ainsi qu’une réduction des disparités, plutôt que d’évaluer les politiques publiques uniquement à l’aune des budgets qui leur sont consacrés.
Il a conclu son intervention en affirmant que le PAM entend contribuer à bâtir l’avenir du pays conformément à la vision royale en matière de développement et de progrès, avec pour ambition de construire un « Maroc émergent doté de tous les atouts », dans lequel le développement bénéficie à toutes les régions, la jeunesse participe pleinement à la création de valeur et les programmes politiques reposent sur des engagements clairement liés au financement, aux résultats et à la reddition des comptes.






