Le virus Nipah, classé parmi les agents pathogènes les plus dangereux au monde, suscite une vigilance accrue à l’échelle internationale en raison de son taux de létalité extrêmement élevé. Des spécialistes en santé publique tiennent toutefois à rassurer : aucune menace imminente ne pèse actuellement sur le Maroc.
Le virus se distingue par un taux de mortalité compris entre 40 % et 75 %, un chiffre qui varie selon la qualité des systèmes de santé et la rapidité de la prise en charge médicale. En pratique, deux à quatre personnes sur cinq infectées peuvent en mourir.
Sa dangerosité réside également dans son évolution clinique trompeuse. Les premiers symptômes ressemblent souvent à ceux d’une grippe banale — fièvre, fatigue, douleurs musculaires — avant une aggravation rapide touchant le système nerveux et respiratoire. La maladie peut provoquer une encéphalite, des troubles neurologiques sévères, une perte de conscience, voire un décès par détresse respiratoire aiguë.
Identifié pour la première fois en 1999 en Malaisie, le virus se transmet selon trois principaux mécanismes.
Le premier est la transmission animale, principalement via les chauves-souris frugivores, réservoir naturel du virus, ou par le contact avec des animaux intermédiaires infectés, tels que les porcs.
Le second mode est alimentaire, à travers la consommation de fruits contaminés par des sécrétions de chauves-souris infectées. En outre, une transmission interhumaine est possible, notamment lors de contacts étroits et prolongés, au sein des familles ou dans les structures hospitalières.
À ce stade, aucun risque spécifique ni menace directe n’a été identifié pour le Maroc. Les préoccupations restent essentiellement d’ordre mondial, le virus Nipah figurant parmi les maladies prioritaires à potentiel pandémique surveillées par les instances sanitaires internationales.
Le principal danger réside dans la capacité du virus à muter, ce qui pourrait accroître sa transmissibilité entre humains. Une telle évolution pourrait transformer des foyers localisés — observés notamment en Inde, au Bangladesh et en Asie du Sud-Est — en une crise sanitaire mondiale.
À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est disponible contre le virus Nipah. La prévention demeure donc le seul moyen de lutte efficace. Elle repose notamment sur la protection des cultures agricoles contre les chauves-souris, l’isolement et l’abattage sécurisé des animaux infectés, ainsi que le strict respect des protocoles de sécurité dans les établissements de santé.
Les experts appellent enfin à éviter toute panique, soulignant que la vigilance épidémiologique internationale, la surveillance continue et la transparence de l’information constituent les meilleurs remparts pour contenir le virus à sa source et prévenir toute dérive pandémique.






