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Le Maroc répond à Macron: "Les relations ne sont ni amicales ni bonnes"

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Le président français affirmait, lundi lors d’une conférence de presse, que ses relations avec le roi Mohammed VI sont «amicales». Ce mercredi «une source officielle au sein du gouvernement marocain» apporte un démenti aux propos tenus par Emmanuel Macron, dans des déclarations à Jeune Afrique. «Les relations ne sont ni amicales ni bonnes, pas plus entre les deux gouvernements qu’entre le Palais royal et l’Élysée», a-t-elle reconnu. Dans son édition du 16 au 22 février, le magazine Marianne avait, d'ailleurs, fourni des éléments qui contredisent les affirmations du chef d'Etat français.

Face aux médias, Macron a pointé du doigt «des gens qui essaient de monter en épingle des péripéties, des scandales au Parlement européen, des sujets d’écoute qui ont été révélés par la presse». Une version à laquelle n’adhère pas la source marocaine. «D’autres points de tension ont été volontairement occultés, notamment la restriction arbitraire des visas, la campagne médiatique et le harcèlement judiciaire», précise-t-elle.

Les propos de Macron ne convainquent pas le Maroc

Lors de son point de presse, le président français a tenu à blanchir son gouvernement de toute responsabilité dans la crise avec le Maroc. Une ligne de défense qui n’a pas convaincue la partie marocaine.

«L’implication des médias et de certains milieux français dans la genèse et la promotion de l’affaire Pegasus ne pouvait pas se faire sans une implication des autorités françaises. Tout comme le vote du Parlement européen ne pouvait pas passer sans la mobilisation active du groupe Renew dominé par la majorité présidentielle française et présidé par Stéphane Séjourné dont les liens avec l’Élysée sont de notoriété publique», réplique la source gouvernementale.

Pour rappel, Lahcen Haddad, président de la Commission parlementaire mixte Maroc-Union européenne (UE), avait déjà porté les mêmes accusations contre l’eurodéputé français Sejourné. Aux yeux des autorités marocaines, ces deux affaires «participent d’une offensive dont l’objectif est d’avoir un ascendant sur le Maroc et de contenir ses choix internes et de politique étrangère». Les eurodéputés du Groupe Renew ont voté, le 16 février, en faveur d'une résolution interdisant l'accès au Parlement européen aux officiels marocains.

Emmanuel Macron a souligné, lundi, que «si le Maghreb est une réalité géopolitique aujourd’hui, c’est sans doute en France qu’elle se précipite, beaucoup plus que dans la région». Des propos jugés «aussi durs qu’inutiles», par la source officielle marocaine.

Le Maroc a mis officiellement fin, le 19 janvier, aux fonctions de Mohamed Benchaaboun en sa qualité d’ambassadeur du royaume en France. Le choix de la date ne relevait pas du simple hasard. Il a coïncidé avec l’adoption par le Parlement d’une résolution appelant à libérer les journalistes détenus au royaume.

Le chef du gouvernement marocain avait ouvertement appelé, en janvier, la France à sortir de la zone de confort sur la question du Sahara. «Il y a des grandes évolutions dans la reconnaissance, par les grandes puissances, de la souveraineté du Maroc sur nos provinces du Sud. Paris ne doit pas simplement être un observateur». Le même appel a été réitéré, mardi mais à l’adresse de l’ensemble des pays de l’Union européenne, par Nasser Bourita. Jusqu’à présent, la France d’Emmanuel Macron n’a pas encore franchi le pas.

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