Idriss Azami Al Idrissi, secrétaire général adjoint du Parti de la justice et du développement (PJD) et ancien ministre délégué chargé du Budget, a vivement critiqué Fouzi Lekjaa, nouveau dirigeant du Parti authenticité et modernité (PAM) et actuel ministre délégué chargé du Budget, après la polémique suscitée par ses propos sur le « terrorisme des spéculateurs ».
Invité de l’émission « Saâat Assaraha » sur 2M, Azami a accusé Fouzi Lekjaa d’avoir tenté de tromper les Marocains à travers ses déclarations sur les « véritables terroristes » qui auraient privé des familles de la joie de l’Aïd. « Qui les payait ? », s’est-il interrogé.
Selon Azami, c’est précisément Lekjaa qui leur aurait accordé des fonds en sa qualité de ministre délégué auprès de la ministre des Finances, chargé du Budget. Il affirme qu’une enveloppe de 500 millions de dirhams leur aurait été accordée pour l’importation de moutons.
Le dirigeant du PJD, parti d’opposition, a également affirmé que Lekjaa « continue encore aujourd’hui à verser de l’argent à ces personnes, avant de sortir pour mentir aux Marocains », précisant avoir consacré un article à cette question.
Pour rappel, Fouzi Lekjaa s’était exprimé dans un contexte de vives tensions entre le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le PAM, tous deux membres de la majorité gouvernementale. Lors d’une rencontre partisane organisée à Fquih Ben Salah, jeudi 27 août 2026, il avait déclaré que les « véritables terroristes » étaient ceux qui avaient transformé la joie de l’Aïd Al-Adha en source de préoccupation et d’inquiétude pour des familles marocaines.
Ses propos visaient des membres du RNI faisant l’objet d’accusations concernant leur éventuelle implication dans le dispositif d’aides publiques lié à l’importation de moutons.
La sortie de Lekjaa était intervenue après la fuite d’un enregistrement attribué à Rachid Talbi Alami, dirigeant du RNI, dans lequel celui-ci accusait Fouzi Lekjaa de recourir aux pressions et aux incitations pour attirer des élus du parti.
Sur un autre volet, Idriss Azami Al Idrissi a assuré que le PJD ne se contentait pas de critiquer le gouvernement. Il a rappelé que son parti avait précédemment averti que l’exonération des droits sur les importations de moutons et les aides accordées aux importateurs n’auraient pas d’incidence significative sur les prix de la viande et que ces fonds profiteraient principalement, selon lui, aux importateurs.
Azami estime que les prix de la viande ne reviendront pas à 60 dirhams, comme auparavant. Il considère qu’après une période d’inflation, les prix ne peuvent, selon les mécanismes économiques, retrouver facilement leurs niveaux antérieurs.
Il estime toutefois qu’une baisse reste possible alors que les prix oscillent actuellement, selon lui, entre 120 et 150 dirhams, à condition qu’il existe une volonté politique et que des mesures soient adoptées, notamment des aides directes aux petits agriculteurs afin de préserver leurs moyens de subsistance.
L’ancien ministre a également critiqué les mesures prises par le gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch. Il affirme que des sociétés auraient été créées spécifiquement pour bénéficier du dispositif d’aide à l’importation des moutons, évoquant l’existence de « fuites d’informations ».
Dans le même contexte, Fatima-Zahra Mansouri, coordinatrice nationale de la direction collégiale du PAM, avait accusé le RNI d’avoir divulgué à certaines personnes des informations relatives aux aides à l’importation des animaux destinés à l’Aïd, lors de sa participation à une rencontre organisée par la Fondation Fqih Tetouani, mercredi 2 septembre.
Idriss Azami a expliqué, lors de l’émission « Saâat Assaraha », la manière dont ces informations auraient, selon lui, été divulguées. Il a pris l’exemple hypothétique d’un ministre informant à l’avance une personne étrangère au secteur de l’élevage que l’État allait supprimer les droits d’importation et la TVA tout en accordant une aide financière. Cette personne pourrait alors créer une société afin de profiter du dispositif.
Interrogé sur l’identité des bénéficiaires, Azami a affirmé que les responsables gouvernementaux actuels les connaissaient. Il a ajouté que certaines sociétés n’auraient pas seulement été créées à cette occasion, mais que d’autres auraient modifié leur objet social pour pouvoir bénéficier du dispositif.
Selon lui, les procédures auraient été menées très rapidement auprès du ministère de l’Agriculture, département dirigé depuis plusieurs années par le RNI.
Azami estime enfin que le dispositif aurait dû être entouré de davantage de clarté et de transparence. Il préconise notamment que les aides soient annoncées publiquement sur une plateforme accessible à tous afin de permettre aux candidats potentiels de concourir dans des conditions transparentes et équitables.






