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Élections du 23 septembre : un rapport pointe des irrégularités et le poids de l’argent

Le Centre marocain des droits de l’Homme (CMDH) a fait état de plusieurs irrégularités présumées lors des élections législatives du 23 septembre 2026, évoquant notamment le poids de l’argent, des tentatives de fraude au profit de certains candidats et des interrogations sur le respect de la « neutralité institutionnelle » durant le scrutin.

Dans ses observations sur le déroulement des élections, la Commission nationale de suivi et d’accompagnement du climat des droits humains des échéances électorales de 2026, mise en place par le CMDH, estime que plusieurs faits constatés sur le terrain suscitent des inquiétudes quant à l’intégrité du processus électoral.

Le Centre cite notamment le cas de deux bureaux de vote installés à l’école Al-Qods, à Tanger, où des atteintes à l’intégrité des bulletins de vote auraient été relevées. Il souligne à ce titre l’importance des investigations engagées par des commissions centrales d’inspection ainsi que de la saisine du parquet, qui a entamé des procédures d’arrestation et de poursuites judiciaires.

Pour le CMDH, ces mesures participent à la protection de la crédibilité du processus électoral et doivent permettre de faire toute la lumière sur les faits signalés.

Des procès-verbaux non remis

Le Centre fait également état de signalements concernant le refus de certains présidents de bureaux de vote de remettre aux représentants des listes des copies des procès-verbaux, notamment à Fahs-Anjra, dans la région de Tanger.

Le CMDH considère qu’une telle pratique constitue une violation des directives du ministère de l’Intérieur et porte atteinte aux principes de transparence et de contrôle des résultats électoraux.

Selon l’organisation, la remise de copies des procès-verbaux aux représentants des listes constitue une garantie essentielle de transparence. Tout refus en la matière soulève, selon elle, des interrogations sur le respect des règles encadrant le processus électoral.

Des entraves au travail des observateurs

Sur le volet de l’observation électorale, le Centre a également exprimé sa solidarité avec plusieurs organisations partenaires ayant signalé des cas d’interdiction ou d’entrave à l’accès d’observateurs accrédités à certains bureaux de vote.

D’autres observateurs auraient vu leur temps de présence limité, tandis que certains auraient été empêchés d’assister au dépouillement.

Le CMDH rappelle que permettre aux observateurs accrédités d’accomplir leur mission constitue « une obligation légale et non une faveur administrative », insistant sur la nécessité de garantir leur présence durant les différentes étapes du scrutin.

Des recommandations pour renforcer l’intégrité électorale

Face à ces constats, le Centre marocain des droits de l’Homme a formulé plusieurs recommandations. Sur le plan judiciaire, il réclame notamment la publication des résultats complets des enquêtes judiciaires et administratives portant sur les infractions électorales et les achats présumés de voix, en particulier dans le dossier de Tanger.

L’organisation appelle également à traiter avec fermeté toutes les personnes dont l’implication serait établie, au nom du principe de reddition des comptes.

Sur le plan législatif, le CMDH préconise une révision des lois électorales afin de renforcer le contrôle comptable des sources de financement et des dépenses de campagne. Il recommande également l’élaboration de dispositions spécifiques encadrant la propagande numérique, les contenus trompeurs et l’utilisation de l’intelligence artificielle, tout en veillant au respect de la liberté d’opinion et d’expression garantie par la Constitution.

Le Centre recommande par ailleurs l’adoption de mesures strictes pour empêcher l’introduction de téléphones portables et d’appareils permettant de prendre des photos dans les isoloirs, afin de préserver le secret du vote et la liberté de choix des électeurs.

Concernant l’observation indépendante des élections, le CMDH appelle à revoir et à développer les dispositions de la loi n° 30.11 afin de renforcer l’indépendance des mécanismes d’observation, de faciliter l’accréditation des associations de défense des droits humains et d’empêcher toute entrave au travail des observateurs, notamment lors du dépouillement.

En outre, sur la question de la représentation et de la participation politiques, le Centre plaide pour l’ouverture d’un débat public sur les moyens de restaurer la confiance des jeunes et de la classe moyenne dans la vie publique.

Il appelle également à mettre en place des mécanismes juridiques contraignants incitant les partis politiques à accorder davantage de place aux femmes et aux jeunes dans les candidatures locales, plutôt que de limiter leur représentation à des systèmes de quotas.

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