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El Midaoui reconduit à l’Enseignement supérieur, un atout pour l’université marocaine

Le renouvellement de la confiance accordée à Azzedine El Midaoui, reconduit à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation dans le gouvernement nommé vendredi 16 octobre 2026 par le roi Mohammed VI, traduit un choix clair de continuité dans la conduite d’un secteur directement lié à l’avenir du développement du pays.

Sa reconduction remet au premier plan un parcours profondément ancré dans l’université marocaine. Chercheur, enseignant, responsable académique puis gestionnaire d’institutions universitaires, El Midaoui connaît de l’intérieur les forces mais aussi les fragilités d’un système soumis à une pression croissante entre massification des effectifs, exigences de qualité, insertion professionnelle et montée en puissance de la recherche scientifique.

Pour les défenseurs de cette continuité, son maintien constitue un atout dans une période où les réformes engagées ont besoin de stabilité. Sa connaissance des rouages universitaires et des contraintes du secteur peut permettre de poursuivre les chantiers ouverts sans rupture administrative ni perte de temps. Mais cette continuité n’aura de sens que si elle se traduit par des résultats tangibles pour les étudiants, les enseignants et les chercheurs.

Né le 22 février 1959, Azzedine El Midaoui est titulaire d’un doctorat obtenu à l’Université de Montpellier en 1988 puis d’un doctorat d’État décroché à l’Université Mohammed V de Rabat en 1991. Il débute son parcours professionnel à la Faculté des sciences de Kénitra où il assume plusieurs responsabilités académiques et administratives. Il y devient notamment vice-doyen, puis directeur du Centre d’études doctorales en sciences et techniques entre 2007 et 2009 avant d’occuper le poste de vice-président de l’université chargé de la recherche scientifique et de la coopération de 2009 à 2013.

En 2013, il est nommé doyen de la Faculté des sciences de Kénitra avant de prendre, un an plus tard, la présidence de l’Université Ibn Tofail, fonction qu’il occupera jusqu’en 2023. Cette longue expérience à la tête d’une université lui permet de se confronter directement aux problématiques de gouvernance, de formation, de recherche et d’ouverture sur l’environnement économique et social.

Son parcours lui confère ainsi une connaissance pratique des différents niveaux de responsabilité au sein de l’université, depuis la gestion d’une faculté ou d’un centre de recherche jusqu’au pilotage d’un établissement universitaire dans son ensemble.
Azzedine El Midaoui a également siégé au sein de plusieurs instances nationales consacrées à l’éducation, à la formation et à la recherche scientifique. Entre 2014 et 2019, il a été membre du bureau du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique et a présidé sa commission permanente chargée de la gouvernance.

Il a aussi été membre de la Commission nationale de coordination de l’enseignement supérieur entre 2018 et 2023 et siège depuis 2017 à l’Académie du Royaume du Maroc. Après son départ de l’Université Ibn Tofail, il a dirigé entre 2023 et 2024 l’Institut international de recherche sur l’eau relevant de l’Université Mohammed VI Polytechnique.

Ce parcours montre que sa carrière ne s’est pas limitée à l’enseignement et à la recherche. Elle s’est également construite autour de la gestion institutionnelle, du pilotage des politiques universitaires et de la participation aux instances de gouvernance.
C’est précisément sur cette expérience que repose l’idée selon laquelle sa reconduction peut constituer un avantage pour le secteur. Mais l’enjeu ne réside plus uniquement dans la connaissance des dossiers. Il se situe désormais dans la capacité à transformer cette expérience en amélioration mesurable du fonctionnement de l’université marocaine.Les chantiers qui l’attendent sont nombreux.

La poursuite de la réforme de l’enseignement supérieur reste une priorité, tout comme l’amélioration de la qualité des formations, le développement de la recherche scientifique et de l’innovation, le renforcement de la gouvernance universitaire et l’adaptation de l’offre de formation aux mutations économiques et technologiques.

L’université marocaine ne peut plus être évaluée uniquement à travers le nombre d’étudiants accueillis ou l’ouverture de nouveaux établissements. La qualité de l’encadrement, l’état des laboratoires, les moyens consacrés à la recherche et les perspectives offertes aux jeunes chercheurs deviennent tout aussi déterminants. Le défi est également de rapprocher davantage l’université de son environnement économique et social sans réduire sa mission à la seule employabilité.

Le développement de formations adaptées aux besoins du marché du travail est nécessaire, mais il doit aller de pair avec la préservation de la recherche fondamentale, de la production de connaissances et de la fonction critique de l’université.
Cela suppose de renforcer les partenariats avec les entreprises et les centres de recherche, d’élargir les possibilités de stages et de valoriser davantage les résultats scientifiques à travers des projets innovants capables de produire une valeur académique mais aussi économique.

Les conditions de vie universitaire constituent un autre dossier incontournable. Les attentes des étudiants dépassent la seule qualité des cours. Elles concernent aussi le logement, le transport, la restauration, les services sociaux et l’égalité d’accès entre les étudiants issus de régions et de milieux sociaux différents. Toute réforme qui se limiterait aux aspects pédagogiques et administratifs risquerait donc de passer à côté de l’expérience réelle vécue par les étudiants.

La reconduction d’El Midaoui lui impose également de tirer les enseignements de son premier passage au gouvernement. Continuer ne signifie pas simplement prolonger les mêmes politiques. Cela suppose d’identifier ce qui a fonctionné, de corriger ce qui a échoué et de mieux associer les acteurs universitaires à la définition des solutions.

L’un des enjeux sera précisément de restaurer ou de renforcer la confiance entre le ministère, les établissements et les différentes composantes de la communauté universitaire. La difficulté consiste à trouver un équilibre entre plusieurs exigences parfois contradictoires : élargir l’accès à l’université tout en préservant la qualité, répondre aux besoins du marché du travail tout en protégeant la vocation scientifique et culturelle de l’enseignement supérieur, développer l’innovation sans creuser les écarts entre établissements.

La reconduction d’Azzedine El Midaoui peut donc offrir une stabilité bienvenue dans un secteur où les réformes demandent du temps. Mais cette stabilité ne saurait devenir une fin en soi. Le véritable bilan de cette nouvelle étape se mesurera à la capacité du ministère à améliorer concrètement la qualité des formations, à soutenir la recherche, à renforcer les conditions de vie des étudiants et à donner à l’université marocaine une place plus forte dans son environnement national et international.

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