La diphtérie refait surface au Maroc, ces derniers jours plusieurs cas ont été détectés dans différentes régions du Royaume, accompagnés de décès notamment parmi des enfants non vaccinés. Une réapparition qui intervient alors que cette maladie infectieuse, autrefois redoutée était devenue particulièrement rare dans le pays.
Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a annoncé, le 28 septembre, la détection de deux foyers familiaux limités dans la région de Souss-Massa, plus précisément dans la préfecture d’Agadir Ida-Outanane et la province de Chtouka Aït Baha. Selon les données communiquées par le département de la Santé, un cas a été confirmé par les analyses de laboratoire, tandis que huit autres faisaient l’objet d’investigations et de vérifications biologiques, parmi lesquels deux décès.
Les premiers éléments de l’enquête épidémiologique ont mis en évidence un point particulièrement préoccupant : les enfants concernés n’avaient pas été vaccinés contre la maladie ou n’avaient pas reçu l’ensemble des doses recommandées. Une situation qui replace la question de la couverture vaccinale au cœur de la prévention contre une maladie que le Royaume était parvenu à rendre extrêmement rare.
La vigilance ne concerne toutefois pas uniquement Souss-Massa. Un décès lié à la diphtérie a également été enregistré dans la province de Youssoufia. Il s’agit d’une fille âgée de 12 ans vivant dans un douar rural de la province.
Souffrant notamment d’une forte fièvre et de difficultés respiratoires, l’enfant avait été transférée à l’hôpital régional de Marrakech, où les analyses ont confirmé son infection par la diphtérie. Son état s’est ensuite aggravé avant son décès. Les vérifications effectuées ont montré qu’elle n’avait pas reçu le vaccin contre la maladie durant son enfance.
Ces épisodes marquent le retour sur le devant de la scène sanitaire marocaine d’une maladie contre laquelle le Royaume avait enregistré des avancées majeures. Le ministère de la Santé indiquait en effet que le Maroc n’avait enregistré aucun cas de diphtérie depuis 1991, résultat attribué notamment aux performances du Programme national d’immunisation.
La diphtérie, également appelée « khناق » en arabe, est une maladie infectieuse d’origine bactérienne qui se transmet principalement par les gouttelettes respiratoires et les contacts rapprochés avec une personne infectée.
Elle peut notamment se manifester par des maux de gorge, de la fièvre et des difficultés respiratoires. Dans ses formes sévères, la maladie peut provoquer des complications graves en raison de la toxine produite par la bactérie.
Face aux cas détectés, les autorités sanitaires ont activé les mécanismes de réponse épidémiologique. À Souss-Massa, les équipes spécialisées ont notamment entrepris la recherche active d’éventuels autres cas, l’identification et le suivi des personnes ayant été en contact avec les patients ainsi que la prise en charge préventive des personnes exposées.
À Chtouka Aït Baha, plusieurs campagnes de vaccination ont parallèlement été organisées, accompagnées d’actions de sensibilisation auprès de la population. Les établissements sanitaires de la province ont également été mobilisés dans le cadre du dispositif de vigilance mis en place après la découverte du foyer familial.
La réapparition de la diphtérie remet ainsi en lumière l’importance du respect du calendrier vaccinal, particulièrement chez les enfants. Le vaccin contre cette maladie fait partie du Programme national d’immunisation et est administré dans le cadre des vaccinations combinées prévues durant l’enfance.
Le ministère de la Santé appelle ainsi les parents et tuteurs à vérifier les carnets de vaccination de leurs enfants afin de s’assurer que toutes les doses recommandées ont bien été administrées et, le cas échéant, à procéder au rattrapage des doses manquantes auprès des structures sanitaires.
Si les foyers identifiés à Souss-Massa ont été qualifiés de « limités » par les autorités sanitaires et que la situation à Youssoufia a été présentée comme stable, la réapparition de cette maladie rappelle surtout qu’une infection devenue rare grâce à la vaccination peut ressurgir lorsque des personnes restent non vaccinées ou présentent un schéma vaccinal incomplet.





