Mohamed Chouki, président du Rassemblement national des indépendants (RNI), a choisi la ville d’Agadir pour adresser des messages politiques et électoraux plaçant le bilan, les réalisations et la proximité avec les citoyens au cœur des priorités du parti. Il a souligné que la force d’une expérience politique ne se mesure pas au nombre de slogans qu’elle brandit, mais aux résultats concrets qu’elle est capable de produire et aux alternatives réalisables qu’elle propose.
Chouki a estimé qu’Agadir constitue, pour le RNI, un modèle illustrant la philosophie du parti dans la gestion des affaires publiques. Évoquant les transformations qu’a connues la ville ainsi que les nombreux chantiers et projets qui y ont été réalisés, il a affirmé que la responsabilité politique doit être liée à l’impact concret laissé par les élus sur la vie des citoyens.
Dans cette perspective, le président du parti a appelé à faire du bilan un véritable sujet de débat et de reddition des comptes, plutôt qu’un simple outil de propagande électorale. Selon lui, le citoyen demeure le juge final des réalisations accomplies, et la comparaison doit porter sur ce qui existait auparavant et ce qui est aujourd’hui disponible, ainsi que sur l’écart entre les promesses formulées et les résultats effectivement obtenus.
Dans son analyse de la scène électorale, Chouki a insisté sur le fait que le RNI ne considère pas les élections comme une simple échéance saisonnière destinée à réorganiser ses rangs. Il a souligné que la construction d’un parti fort exige un travail continu en dehors des périodes électorales, à travers l’organisation, l’encadrement, la présence sur le terrain, l’écoute des citoyens et la préparation des compétences.
Il a également indiqué que la relation avec les citoyens ne se construit pas durant quelques semaines de campagne électorale, mais nécessite un travail de communication et d’action sur le long terme. La confiance politique, selon lui, est le résultat d’un processus cumulatif et non d’une décision prise au moment d’une échéance électorale.
Par ailleurs, Chouki a ouvert la voie à une compétition politique fondée sur les programmes, s’interrogeant sur les alternatives proposées par les autres partis. Il a estimé que le débat électoral sérieux devrait dépasser les échanges d’accusations pour permettre une comparaison claire entre les bilans, les projets et les solutions proposées.
Dans ce contexte, il a rejeté l’idée que la compétition politique se réduise à une lutte pour les sièges, mettant en garde contre le risque d’un approfondissement du désintérêt des citoyens pour la politique et d’un affaiblissement de leur confiance dans les institutions et les partis. Il a rappelé que toute déclaration sur la victoire ou la défaite reste prématurée tant que les électeurs n’ont pas exprimé leur choix dans les urnes.
Chouki a également insisté sur la nécessité de distinguer la critique politique des attaques personnelles. Il a considéré que l’évaluation du bilan du gouvernement ou de l’action des ministres constitue un droit légitime et une composante naturelle de la vie politique, mais que la transformation du débat en attaques personnelles ou en surenchère médiatique vide la compétition démocratique de son contenu et l’éloigne des préoccupations réelles des citoyens.
Concernant l’évaluation de l’action gouvernementale, Chouki a cité plusieurs dossiers que le parti considère comme des éléments importants de son bilan, notamment les mesures visant à améliorer les revenus de différentes catégories sociales, les réformes des secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi que les chantiers liés à la protection sociale, à l’eau et à la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe.
Il a également esquissé plusieurs priorités pour la prochaine étape, notamment le pouvoir d’achat, la classe moyenne et la revalorisation des salaires, ainsi que la recherche de solutions concrètes et durables à la crise de l’eau et aux défis énergétiques.
Le président du parti a en outre appelé au développement de mécanismes favorisant l’épargne populaire, à la poursuite des réformes des systèmes de santé et d’éducation et à la réduction des disparités territoriales, afin que les fruits du développement ne restent pas concentrés dans certaines zones géographiques.
Chouki a adressé un message particulier aux habitants de la région du Souss, les appelant à soutenir une direction gouvernementale à laquelle, selon lui, la région est en mesure d’apporter une valeur ajoutée et de jouer un rôle plus important dans la dynamique de l’économie nationale. Il a précisé que l’enjeu ne concernait pas uniquement l’appartenance géographique, mais également la capacité de la région à contribuer à la prise de décision économique et politique.
En conclusion, le président du RNI a appelé les militants et les sympathisants du parti à aborder les prochaines échéances avec confiance et responsabilité, et à défendre le programme du parti comme un projet placé sous le slogan « Dignité et opportunités pour tous ». Il a estimé que, au final, ce ne sera pas la force des discours qui tranchera, mais bien le choix exprimé par les citoyens le jour du scrutin.






