Sur un ton empreint de reproches, le Parti Authenticité et Modernité a adressé de vives critiques à son partenaire au sein de la majorité gouvernementale, le Rassemblement National des Indépendants, dans le cadre d’un échange politique révélateur des tensions croissantes entre les composantes de la coalition à l’approche des échéances électorales prévues en septembre prochain.
Lors de l’initiative « Ana Kayn », organisée samedi soir à Nador, Salah Eddine Abkari a livré une intervention politique consacrée aux principaux développements de l’actualité. Il a affirmé que la « noblesse politique » exige qu’un responsable politique ne se dérobe pas en période de crise, mais qu’il continue à communiquer avec les citoyens, à fournir des explications claires et responsables et à porter un discours renouvelé, éloigné des calculs circonstanciels.
Il a ajouté que l’action politique responsable repose sur la fidélité aux positions et aux engagements pris dans le cadre des alliances, et non sur des comportements individualistes dictés par la proximité des échéances électorales. Selon lui, la force d’un acteur politique se mesure à sa constance dans les moments difficiles et non à sa capacité à changer de position en fonction du contexte.
Dans le même esprit, Salah Eddine Abkari a rappelé les positions exprimées par les jeunes du parti lors des manifestations du mouvement « Génération Z », soulignant qu’elles étaient motivées par la volonté de rester à l’écoute des préoccupations citoyennes. Il a précisé que l’accent avait alors été mis sur les secteurs de la santé et de l’éducation, considérés comme au cœur des revendications sociales, alors même que le débat public concernait également d’autres départements gérés par différentes composantes du gouvernement.
Selon lui, cette démarche n’avait rien d’opportuniste ou de sélectif, mais relevait d’une responsabilité politique et morale assumée dans un contexte délicat. Il a insisté sur le fait que les revendications sociales étaient légitimes et méritaient écoute et considération.
Le responsable a également souligné que l’Organisation de la jeunesse du PAM avait choisi de participer activement au débat public plutôt que de garder le silence, à travers des prises de position officielles et des interventions dans les médias nationaux et internationaux. Une démarche qu’il a présentée comme l’expression d’une « noblesse politique » et d’un « devoir national », visant à défendre une lecture objective du bilan gouvernemental, y compris dans des secteurs qui ne relèvent pas de la responsabilité directe du parti.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par une intensification des débats au sein de la majorité gouvernementale, notamment après certaines prises de position attribuées à des responsables du RNI, parmi lesquels Mohamed Chaouki, qui ont critiqué la gestion de plusieurs secteurs dirigés par des ministres du PAM. Une situation que plusieurs observateurs interprètent comme le signe d’un élargissement des divergences au sein de la coalition.
Dans le même temps, Parti de l’Istiqlal continue lui aussi d’exprimer certaines réserves concernant l’action gouvernementale dans plusieurs domaines. Parmi les exemples les plus marquants figure la critique formulée par son secrétaire général, Nizar Baraka, au sujet de la gestion du programme de soutien aux ovins, qui a suscité de nombreuses controverses à l’occasion de l’Aid Al-Adha.
Ces développements semblent traduire le début d’une phase de repositionnement politique au sein de la majorité gouvernementale à mesure que se rapprochent les prochaines échéances électorales, période durant laquelle les discours se durcissent et les stratégies partisanes se redéfinissent.






