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Âge limite pour enseigner : le gouvernement fixe le seuil à 40 ans, les syndicats en demandent plus

Le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire, de l’Apprentissage, de la Formation professionnelle et de la Qualification, Mohamed Nabil Benabdellah, a annoncé ce mardi le relèvement à 40 ans de l’âge limite pour se présenter aux concours d’accès à la profession d’enseignant, contre 35 ans auparavant. Une décision qui répond en partie aux revendications syndicales de révision des conditions de recrutement, bien que les syndicats continuent de plaider pour un plafond fixé à 45 ans afin d’offrir des perspectives plus larges aux jeunes diplômés.

Dans une déclaration exclusive accordée au journal « Belpresse », Abdelilah Dahmane, secrétaire général de la Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement, a souligné la forte portée sociale et sociétale de cette mesure. Selon lui, elle touche directement à l’avenir d’un nombre considérable de diplômés universitaires que les anciennes restrictions d’âge écartaient d’office des concours.

M. Dahmane a rappelé que cette revendication ne date pas d’hier : elle figurait de longue date dans les cahiers revendicatifs des différents syndicats de l’éducation et constituait une promesse électorale. Le problème fondamental, insiste-t-il, réside dans le fait que des centaines de milliers d’étudiants quittent l’université à un âge relativement avancé, rendant les plafonds stricts incompatibles avec leurs chances d’insertion professionnelle.

Le responsable syndical a précisé que ce dossier figurait au cœur des discussions lors de la rencontre qui s’est tenue ce lundi entre la fédération et le ministre de tutelle. La délégation syndicale a vigoureusement défendu l’option d’un relèvement à 45 ans, s’appuyant sur les principes constitutionnels et légaux d’égalité des chances et d’accès aux emplois publics.

Si la fédération salue cette avancée qu’elle qualifie de « signal positif » témoignant du respect des engagements pris par le ministre, elle maintient sa position de principe pour le seuil des 45 ans, jugé plus inclusif pour les porteurs de diplômes.

Du côté du ministère, le refus de s’aligner sur la barre des 45 ans est motivé par des calculs actuariels liés à la retraite. Le ministre a ainsi expliqué que commencer à enseigner à 40 ans laisse une marge de 23 années de service avant l’âge légal de départ à la retraite (fixé à 63 ans), contre seulement 18 années pour les candidats recrutés à 45 ans.

Cette annonce marque une nouvelle étape dans le feuilleton de la condition d’âge, après les vagues de critiques qu’avait suscitées le plafonnement à 30 ans sous l’ère de Chakib Benmoussa, revu ensuite à 35 ans sous Mohamed Saad Berrada, pour aboutir aujourd’hui à ce nouveau cap de 40 ans, en attendant son officialisation réglementaire.

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