L’Organisation des Nations unies a admis, ce lundi, ne disposer d’aucune date précise pour achever la liquidation de la MINURSO au Sahara marocain, bien que les procédures de fin de sa présence sur le terrain soient entrées en vigueur depuis le 1er novembre, à la suite de l’échec du Conseil de sécurité à renouveler son mandat, après 35 ans de déploiement.
Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, a indiqué lors de son point de presse à New York que les développements ayant conduit à la fin de la mission sont survenus de manière relativement soudaine. Ils ont exigé une mobilisation immédiate des services onusiens compétents pour gérer l’opération de retrait, qui concerne des centaines de personnels militaires et civils, ainsi que le démantèlement des infrastructures et des installations de la mission.
Interrogé sur le temps nécessaire pour mener à bien cette opération, M. Dujarric a affirmé ne disposer, pour l’heure, d’aucune estimation de sa date d’achèvement. Il a précisé que le Département de l’appui opérationnel de l’ONU mettra en œuvre les mesures requises avec la plus grande rapidité et la plus grande efficacité possibles, dans le respect des normes environnementales.
Le responsable onusien a ajouté que, bien qu’une planification préalable ait été prévue pour faire face à différents scénarios, ce dernier développement est survenu de manière relativement soudaine, et que les services concernés se sont empressés de mobiliser leurs ressources pour engager les procédures liées à la liquidation de la mission.
Détaillant l’opération, M. Dujarric a expliqué que l’ONU rapatriera environ 160 observateurs militaires dans leurs pays d’origine, réduira les effectifs du personnel civil et des personnes rattachées à la mission, soit environ 180 personnes, et fermera 13 installations et sites gérés par la MINURSO.
Les mesures de liquidation ne se limitent pas au retrait du personnel et à la fermeture des sites. Elles comprennent également la cession ou le transfert à d’autres entités des biens et équipements appartenant aux Nations unies, la réduction des systèmes de communication et du soutien logistique, la gestion des archives et des dossiers administratifs, ainsi que la résiliation des accords contractuels liés à la présence de la mission sur le terrain.
Le porte-parole a précisé qu’une équipe réduite du Département de l’appui opérationnel, avec le soutien du siège de l’ONU, supervisera la fermeture ordonnée des sites et leur remise, selon un processus progressif soumis aux règles et procédures en vigueur au sein de l’Organisation.
Dans ce cadre, M. Dujarric a souligné que l’ONU continuera d’assurer la supervision administrative, financière et sécuritaire pendant toute la période de liquidation, et prendra les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de son personnel, ce qui implique le maintien de plusieurs obligations organisationnelles et logistiques jusqu’à la clôture définitive.
Sur le plan sécuritaire, le porte-parole onusien n’a pas caché l’inquiétude de l’Organisation face au risque d’une montée des tensions après la fin de la mission. En réponse à une question d’un journaliste, il a affirmé que le secrétaire général a appelé les parties concernées à éviter toute escalade susceptible d’affecter la stabilité régionale.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait appelé, dans un communiqué publié durant le week-end, toutes les parties à coopérer afin que la liquidation soit achevée dans les meilleurs délais, alors que la mission passe de l’exercice de ses fonctions sur le terrain à la phase de cessation de sa présence administrative, militaire et logistique.
Ces développements font suite à l’échec du Conseil de sécurité, vendredi dernier, à adopter deux projets de résolution sur la prorogation du mandat de la MINURSO, la Russie ayant opposé son veto au texte américain et le projet russe n’ayant pas obtenu les voix nécessaires. La mission est ainsi entrée, à compter du 1er novembre, dans une phase de liquidation de sa présence au Sahara marocain.
Sahara : l’ONU n’a pas de calendrier pour achever la liquidation de la MINURSO






