Le système d’assurance maladie des fonctionnaires marocains s’apprête à connaître un changement majeur. À compter du 1er février 2027, la gestion de l’Assurance maladie obligatoire de base (AMO) du secteur public sera transférée de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), conformément aux dispositions de la loi n° 54.23.
Cette réforme, publiée au Bulletin officiel du 29 janvier 2026, s’inscrit dans le chantier de généralisation de la protection sociale et vise à unifier la gestion de l’assurance maladie obligatoire, tout en préservant les droits acquis des assurés et de leurs ayants droit.
Concrètement, les fonctionnaires, les retraités du secteur public et leurs familles concernés par le régime de la CNOPS verront la gestion de leur couverture médicale confiée à la CNSS. Ce changement ne signifie toutefois pas la fusion des régimes d’assurance maladie des secteurs public et privé, dont les règles de financement et de remboursement demeurent distinctes.
L’entrée en vigueur de la nouvelle législation soulève néanmoins plusieurs interrogations, notamment concernant les délais de traitement des dossiers médicaux, le remboursement des frais de soins et la continuité des prestations pendant la période de transition.
Le principal enjeu sera d’assurer le transfert des dossiers et des engagements en cours sans provoquer de perturbations dans la prise en charge des assurés.
La loi prévoit, à cet effet, des dispositions destinées à garantir la continuité des droits et des prestations. Les conventions et engagements conclus avant l’entrée en vigueur de la réforme devront ainsi être repris dans le cadre du nouveau dispositif de gestion.
Les relations avec les mutuelles constituent également un volet important de cette transition. Les conventions existantes pourront continuer à produire leurs effets selon les conditions prévues par la législation et les textes réglementaires applicables.
Au-delà du changement d’organisme gestionnaire, la réforme introduit une évolution importante concernant la couverture médicale des enfants à charge.
La limite d’âge permettant aux enfants non mariés de bénéficier de l’assurance maladie de leurs parents sera portée de 26 à 30 ans, sous réserve de remplir les conditions légales, notamment la poursuite d’études supérieures ou d’une formation professionnelle.
Cette mesure vise à prolonger la protection médicale des jeunes qui demeurent à la charge de leurs parents pendant leur parcours de formation.
La réforme prévoit également la suppression du régime autonome d’assurance maladie obligatoire des étudiants, avec une réorganisation de leur couverture à travers les dispositifs prévus par la législation.
Pour les fonctionnaires et les retraités, la question des remboursements reste toutefois au centre des préoccupations.
Si le transfert de gestion est consacré par la loi, les modalités pratiques de traitement des dossiers, les procédures administratives et les mécanismes de coordination entre les organismes concernés devront être suffisamment clarifiés avant la mise en œuvre effective du nouveau système.
L’objectif affiché est d’éviter toute rupture dans le remboursement des soins, particulièrement pour les personnes nécessitant des traitements réguliers ou engagées dans des procédures de prise en charge médicale.
Il convient cependant de préciser que le transfert vers la CNSS ne signifie pas automatiquement une modification des taux de remboursement ou une réduction des prestations actuellement garanties aux assurés du secteur public.
Les droits acquis doivent être préservés, conformément au cadre légal régissant cette transition. Toute évolution ultérieure des modalités de prise en charge devra reposer sur les dispositions juridiques et réglementaires correspondantes.
Sur le plan institutionnel, cette réforme implique également le transfert des dossiers, des archives, de certains biens et des engagements de la CNOPS vers la CNSS, ainsi que des dispositions relatives au personnel concerné.
Cette opération nécessitera une coordination étroite entre les deux organismes afin de garantir la continuité des services et d’éviter les dysfonctionnements administratifs.
À l’approche de l’échéance du 1er février 2027, la réussite de cette transition dépendra ainsi de la préparation des services, de l’adaptation des systèmes d’information et de la communication des nouvelles procédures aux assurés.
Pour les fonctionnaires marocains, l’enjeu ne réside donc pas uniquement dans le changement de caisse gestionnaire, mais surtout dans la capacité du nouveau dispositif à garantir des remboursements rapides, une prise en charge continue et une meilleure qualité de service.
Cette réforme constituera, à cet égard, un test important pour la modernisation du système national de protection sociale, dont l’efficacité sera appréciée à travers les changements concrets ressentis par les assurés dans leurs démarches quotidiennes.






