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Sommet Russie-Afrique : El Mansouri réaffirme la priorité africaine du Maroc

La Cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, a réaffirmé, jeudi 29 octobre à Moscou, l’engagement du Maroc en faveur du développement et de l’intégration du continent africain, soulignant que le Roi Mohammed VI a toujours placé l’Afrique au cœur des priorités de la politique étrangère du Royaume.

S’exprimant lors de la séance plénière du troisième Sommet Russie-Afrique, où elle représente le Souverain, El Mansouri a mis en avant la vision royale fondée sur le renforcement de la coopération Sud-Sud, la solidarité africaine et la mise en œuvre de projets structurants destinés à favoriser l’intégration économique du continent.

La Cheffe du gouvernement a notamment cité l’Initiative des États africains atlantiques, l’Initiative royale visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, ainsi que le projet de Gazoduc africain-atlantique Nigeria-Maroc. Selon elle, ces trois initiatives traduisent l’ambition du Royaume de contribuer au désenclavement des territoires africains, au développement des infrastructures et au renforcement de la stabilité et de la prospérité partagée en Afrique de l’Ouest.

El Mansouri a également souligné que le Roi Mohammed VI demeure convaincu de la nécessité pour l’Afrique de diversifier ses partenariats internationaux, dans le cadre de relations fondées sur le respect mutuel, la complémentarité et la recherche de résultats concrets.

Dans cette perspective, elle a estimé que la coopération russo-africaine devait désormais franchir une nouvelle étape, en passant des engagements et des plans d’action à leur mise en œuvre effective. La responsable gouvernementale a rappelé que les sommets de Sotchi en 2019 et de Saint-Pétersbourg en 2023 avaient permis de poser les fondements institutionnels de ce partenariat, notamment à travers la consolidation du dialogue politique et l’adoption de programmes de coopération.

Toutefois, elle a insisté sur la nécessité d’adapter ces mécanismes aux priorités actuelles des pays africains, particulièrement en matière de sécurité alimentaire, de sécurité énergétique, d’industrialisation et de transfert de technologies. Pour El Mansouri, ces secteurs doivent constituer les principaux axes de développement du partenariat entre Moscou et les capitales africaines au cours des prochaines années.

Elle a ainsi réaffirmé la disponibilité du Maroc à accompagner cette dynamique, en mettant à profit son expérience dans plusieurs domaines de coopération et de développement. La Cheffe du gouvernement a par ailleurs souligné le poids croissant du continent africain dans les équilibres économiques et géopolitiques internationaux.

Elle a rappelé que l’Afrique dispose d’importantes ressources naturelles, d’un potentiel humain considérable et d’une position géographique stratégique, auxquels s’ajoutent une richesse historique, culturelle et politique qui renforce progressivement son influence sur la scène internationale. Dans ce contexte, elle a défendu l’idée selon laquelle les relations entre l’Afrique et ses partenaires doivent dépasser une logique d’assistance pour s’inscrire dans une coopération mutuellement bénéfique.

Revenant sur le bilan des précédents sommets Russie-Afrique, El Mansouri a relevé plusieurs avancées, notamment l’institutionnalisation des rencontres, le renforcement du dialogue politique et le lancement de programmes de coopération dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, des infrastructures, de la santé, de l’enseignement et de la formation.

Elle a également indiqué que les échanges commerciaux entre la Russie et les pays africains avaient dépassé 27,7 milliards de dollars en 2025, illustrant la progression des relations économiques entre les deux parties.

La Cheffe du gouvernement a néanmoins estimé que le troisième sommet ne devait pas se limiter à dresser le bilan des réalisations accomplies, mais permettre de définir de nouvelles perspectives de coopération, répondant davantage aux aspirations des populations africaines.

Sur le plan bilatéral, El Mansouri a mis en lumière la solidité des relations entre le Maroc et la Russie, dont les liens d’amitié se sont progressivement renforcés au fil des décennies. Elle a notamment rappelé la signature du partenariat stratégique entre Rabat et Moscou en 2002, puis son approfondissement à l’occasion de la visite officielle du Roi Mohammed VI en Russie en 2016.

Selon les chiffres présentés lors de son intervention, le Maroc figure aujourd’hui parmi les trois principaux partenaires économiques africains de la Russie. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 630 millions de dollars en 2025, tandis que les exportations marocaines vers le marché russe ont progressé de 18 %.

La coopération bilatérale se distingue également dans le domaine universitaire, avec plus de 7.000 étudiants marocains inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur russes durant l’année académique 2024-2025. Malgré un environnement géopolitique international complexe, El Mansouri a salué le maintien des échanges économiques entre les deux pays à des niveaux significatifs.

Elle a également identifié de nouvelles perspectives de coopération dans les secteurs de l’énergie, des sciences et des technologies, considérés comme des domaines susceptibles de donner un nouvel élan aux relations bilatérales. La Cheffe du gouvernement a, à cet égard, évoqué la création récente d’un groupe de travail entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays, dont la première réunion s’est tenue en septembre 2026.

Ce mécanisme vise à approfondir le dialogue politique et à explorer de nouvelles opportunités de partenariat entre Rabat et Moscou. À travers sa participation à ce troisième Sommet Russie-Afrique, le Maroc entend ainsi réaffirmer sa place dans les dynamiques de coopération continentale, tout en consolidant ses relations avec les principaux partenaires internationaux de l’Afrique.

L’intervention d’El Mansouri a notamment mis l’accent sur une priorité : faire en sorte que les partenariats internationaux se traduisent par des investissements, des infrastructures et des projets capables de répondre aux besoins économiques et sociaux du continent. Une orientation qui s’inscrit dans la continuité de la politique africaine portée par le Roi Mohammed VI, fondée sur l’intégration régionale, le développement partagé et la recherche de partenariats durables.

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