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Casting gouvernemental : le grand test d’efficacité de Fatima Ezzahra El Mansouri

Au lendemain du discours prononcé par le Roi Mohammed VI devant le Parlement, la mission de la Cheffe du gouvernement désignée, Fatima Ezzahra El Mansouri, a subitement changé de dimension. Il ne s’agit plus seulement de boucler des consultations de coulisses et de distribuer des portefeuilles pour satisfaire les états-majors alliés. En replaçant la formation de l’exécutif au cœur d’un agenda stratégique exigeant — sécurité hydrique et énergétique, souveraineté alimentaire, virage de l’IA et réforme de la régionalisation —, le Souverain a placé la barre à une hauteur inédite. Pour la patronne du PAM, l’équation s’est singulièrement complexifiée : il lui faut désormais bâtir une équipe de combat, capable de convertir des orientations royales en résultats mesurables.

Dépasser la logique des « fiefs ministériels »
C’est là que réside le principal nœud gordien. D’un côté, les partis abordent traditionnellement les négociations sous l’angle du rapport de force, soucieux de placer leurs cadres et de préserver leurs équilibres internes. De l’autre, la conduite de chantiers hautement techniques exige des profils chevronnés, dotés d’une réelle capacité d’arbitrage et de décision. Si la négociation politique est l’essence même d’une coalition, un ministère ne saurait être traité comme l’annexe organisationnelle d’un parti. La réussite d’un ministre ne se mesure pas à son poids dans l’appareil, mais à son efficacité sur le terrain.
Faut-il pour autant opposer politiques et technocrates ? Ce serait un faux débat. La conduite des affaires publiques exige à la fois une fine maîtrise des dossiers et une sensibilité politique face aux attentes sociales. Les compétences existent au sein des formations politiques, à condition que les appareils acceptent de promouvoir les profils les plus qualifiés, et non les plus influents.
Une exigence de cohérence : Réussir le casting ne suffira pas si le futur gouvernement retombe dans les travers du passé : chevauchements de compétences, rivalités interministérielles et lourdeurs bureaucratiques.

L’obligation de résultats comme seule boussole
Fatima Ezzahra El Mansouri n’évolue pas dans un vide politique. Elle doit composer avec des partenaires exigeants. Mais la recherche du compromis ne doit en aucun cas servir de prétexte pour sacrifier l’exigence de performance. Les partis sollicités pour entrer au gouvernement devront assumer pleinement la responsabilité des noms qu’ils proposent, ainsi que leur bilan futur.
Le test décisif pour la Cheffe du gouvernement ne sera pas le jour de la photo officielle sur les marches du Palais, mais la manière dont auront été arbitrés les critères de sélection. Parviendra-t-elle à imposer la primauté du mérite et de la compétence tout en garantissant la stabilité de sa majorité ? La réponse à cette question déterminera si ce futur gouvernement sera un simple assemblage d’intérêts partisans ou un véritable moteur de transformation pour le pays.

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