Tous les regards se tournent ce vendredi vers le boulevard Mohammed V à Rabat, où le Roi Mohammed VI préside l’ouverture de la nouvelle année législative au siège du Parlement. Au-delà du cérémonial coutumier, cette rentrée sous la coupole revêt une tournure inédite : elle offre le spectacle saisissant d’une passation de pouvoir en cours d’exécution, réunissant dans le même hémicycle Aziz Akhannouch, en charge de l’expédition des affaires courantes, et Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement désignée.
Cette coexistence institutionnelle singulière traduit visuellement la continuité de l’État. D’un côté, le chef de l’exécutif sortant veille à la marche minimale des affaires publiques ; de l’autre, la première femme appelée à diriger le gouvernement dans l’histoire du Royaume conduit les négociations pour façonner sa future majorité.
Cette séquence s’inscrit dans un calendrier strictement balisé par le texte constitutionnel. Si l’article 65 fixe l’ouverture de la session d’automne au deuxième vendredi d’octobre sous la présidence royale, l’investiture définitive du futur cabinet restera conditionnée, conformément à l’article 88, à la présentation du programme gouvernemental et au vote de confiance de la Chambre des représentants.
Cette rentrée intervient dans une conjoncture marquée par une redistribution des cartes à la suite des dernières législatives. La future équipe gouvernementale, une fois constituée, devra très vite se confronter à des dossiers chauds et très attendus par l’opinion publique : préservation du pouvoir d’achat, relance de l’emploi, réforme de la santé et refonte de l’éducation nationale. L’hémicycle ne s’apprête pas seulement à lancer les travaux d’une année législative de plus, mais s’affirme comme le théâtre privilégié d’une transition politique majeure.
Parlement : ouverture de la session d’automne sur fond de transition gouvernementale





