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Arabie saoudite: de fortes explosions à Riyad après une nouvelle attaque revendiquée par les Houthis

De fortes explosions ont été entendues ce jeudi 8 octobre 2026 dans la capitale saoudienne Riyad après que les Houthis d’Ansar Allah ont annoncé avoir mené une nouvelle attaque au missile balistique contre l’aéroport international King Khalid. Il s’agit de la dernière attaque revendiquée par le mouvement contre l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Cette nouvelle attaque intervient au lendemain de l’annonce par l’Arabie saoudite de la mort de trois personnes et de 36 blessés dans des attaques menées mardi et mercredi par les Houthis contre les aéroports d’Abha et King Khalid. Ces développements surviennent sur fond d’intenses combats au Yémen entre les Houthis et les forces gouvernementales, qui ont provoqué le déplacement de plus de 200 000 personnes, selon les Nations unies. Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a affirmé jeudi que le mouvement avait « ciblé l’aéroport King Khalid à Riyad avec un missile balistique », assurant que celui-ci avait atteint sa cible avec précision et perturbé le trafic aérien.

De violents affrontements se déroulent depuis plusieurs semaines dans différentes régions du Yémen. Ils ont connu une nouvelle escalade depuis dimanche, lorsque les forces gouvernementales ont annoncé le lancement d’une contre-offensive visant à reprendre les territoires récemment conquis par les Houthis. L’Arabie saoudite participe notamment à cette opération en intensifiant ses frappes aériennes.

En septembre 2026, les Houthis ont pris le contrôle de l’ensemble de la côte occidentale du Yémen jusqu’au détroit stratégique de Bab el-Mandeb, une voie maritime majeure pour les exportations pétrolières, notamment saoudiennes. Des diplomates ont indiqué à l’AFP avoir reçu pour consigne de rester à l’abri dans leurs ambassades situées dans le quartier diplomatique de Riyad après les fortes explosions. Des habitants de la capitale ont également rapporté que des établissements scolaires avaient adopté des mesures de précaution, l’un d’entre eux ayant notamment transféré ses élèves au sous-sol du bâtiment afin d’assurer leur sécurité.

Deux personnes travaillant au King Abdullah Financial District de Riyad ont par ailleurs indiqué à l’AFP que certaines entreprises avaient évacué leurs employés de la zone.

Ces derniers jours, les Houthis ont intensifié leurs attaques contre l’Arabie saoudite et annoncé avoir pris pour cible la capitale de manière quasi quotidienne. Mercredi, ils avaient revendiqué une attaque contre l’aéroport de Riyad à l’aide d’un missile balistique et de drones, après que les autorités saoudiennes eurent annoncé l’interception d’un missile dans le nord de la capitale.

Yahya Saree avait également affirmé que des camps situés à Jizan et Asir, l’aéroport d’Abha ainsi que la base aérienne de Khamis Mushait, dans le sud du Royaume à proximité de la frontière yéménite, avaient été visés par des missiles balistiques et des drones. Selon l’Autorité générale de l’aviation civile saoudienne, l’attaque contre l’aéroport d’Abha a fait deux morts et 28 blessés, tandis que celle visant l’aéroport King Khalid a fait un mort et huit blessés, avec des blessures allant de légères à graves.

Il s’agit de la première fois depuis 2019 que l’Arabie saoudite fait état de morts dans des attaques visant ses aéroports. Cette année-là, une attaque des Houthis contre l’aéroport d’Abha avait fait un mort et 21 blessés. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite en soutien au gouvernement yéménite a ensuite annoncé sur la plateforme X avoir mené une opération ayant permis la « destruction de 82 cibles militaires légitimes » des Houthis dans plusieurs gouvernorats du Yémen, ainsi que d’une plateforme de lancement de missiles balistiques utilisée, selon elle, lors de l’attaque contre Riyad. Le porte-parole de la coalition, le général Turki Al-Maliki, a averti que les attaques des Houthis « ne resteraient pas sans réponse ».

Le site de suivi du trafic aérien Flightradar24 a indiqué jeudi sur X que l’aéroport de Riyad arrivait en tête de sa liste des aéroports connaissant des perturbations du trafic aérien. Le site fait état de fermetures temporaires de l’espace aérien autour de l’aéroport de manière quasi quotidienne. Les Houthis ont de nouveau mis en garde jeudi les compagnies aériennes contre le survol de l’espace aérien saoudien.

Yahya Saree a déclaré que son mouvement renouvelait « pour la dernière fois » son avertissement aux compagnies aériennes internationales concernant la poursuite de leurs vols dans l’espace aérien saoudien, affirmant que celui-ci était devenu une zone d’opérations militaires, à l’exception de l’espace aérien des lieux saints de La Mecque et de Médine.

Le gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite a annoncé dimanche le lancement, avec l’appui de Riyad, d’une contre-offensive contre les Houthis afin de reprendre les territoires tombés sous leur contrôle, notamment ceux conquis en septembre 2026. Ces zones comprennent la ville de Mokha, dans l’ouest du gouvernorat de Taëz, ainsi que la côte occidentale du Yémen jusqu’au détroit stratégique de Bab el-Mandeb.

Les informations concernant l’évolution des opérations militaires sur le terrain restent contradictoires. Les forces gouvernementales affirment progresser dans leur offensive, tandis que les Houthis assurent maintenir leurs positions. Il reste difficile de vérifier de manière indépendante le déroulement des opérations en raison des restrictions et des risques sur le terrain. Yahya Saree a affirmé mercredi soir que l’Arabie saoudite avait mené 156 frappes aériennes et tirs de missiles contre Sanaa et les gouvernorats de Taëz, Saada, Al-Jawf, Marib et Amran au cours des 24 heures précédentes.

Le chef d’Ansar Allah, Abdelmalek al-Houthi, a pour sa part affirmé mercredi, dans une allocution télévisée diffusée par la chaîne Al-Masirah, que les attaques saoudiennes avaient atteint « 1 642 frappes aériennes et tirs de missiles » visant, selon lui, les infrastructures du Yémen au cours des trois derniers mois. Les combats dans l’ouest du Yémen ont fait au moins 62 morts, dont 37 combattants houthis et plus de 25 membres des forces gouvernementales, selon des sources militaires des deux camps citées par l’AFP. Ce bilan porte à plus de 330 le nombre de combattants tués depuis lundi dernier.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué mercredi que 201 217 personnes avaient été contraintes de quitter leur domicile au Yémen depuis le début des combats, soit 33 776 familles, la grande majorité de ces déplacements ayant eu lieu depuis le 1er septembre.

L’organisation a qualifié le rythme de cette crise de « préoccupant », dans un contexte marqué par un manque de financements nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires. La guerre au Yémen a débuté en 2014, lorsque les Houthis ont lancé une vaste offensive contre les forces gouvernementales et pris le contrôle de larges portions du territoire, dont la capitale Sanaa. Une coalition dirigée par l’Arabie saoudite est intervenue militairement en 2015.

En 2022, une trêve avait été conclue dans un contexte d’apaisement des relations entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Les hostilités ont repris en juillet dernier sur fond de guerre au Moyen-Orient. Les affrontements ont éclaté après que les Houthis eurent accusé Riyad d’avoir bombardé l’aéroport de Sanaa afin d’empêcher l’atterrissage d’un avion iranien. Ils avaient ensuite annoncé un blocus maritime contre le Royaume et repris leurs attaques contre ses pétroliers et ses installations pétrolières.

Les combats se sont intensifiés en septembre 2026, lorsque les Houthis ont étendu leur contrôle à plusieurs régions au détriment du gouvernement yéménite, notamment sur la côte occidentale et autour du détroit de Bab el-Mandeb. Cette voie maritime a acquis une importance accrue pour les exportations pétrolières saoudiennes dans un contexte de restrictions imposées par l’Iran à la navigation dans le détroit d’Ormuz.

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