À l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, célébrée le 15 septembre, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a publié un communiqué sans concession. L’organisation d’extrême gauche y dénonce ce qu’elle qualifie de « persistance de la structure autoritaire » et pointe du doigt un recul systémique des libertés fondamentales au Maroc.
Attaque frontale contre les réformes législatives
Le bureau central de l’AMDH remet en cause la trajectoire législative actuelle du Royaume. L’association rejette fermement plusieurs projets et réformes de lois jugés « régressifs » :
Le projet de loi encadrant le droit de grève ;
La réforme de la profession d’avocat ;
Les nouveaux textes régissant la procédure civile et la procédure pénale.
Selon le collectif, ces textes compromettent gravement le droit à un procès équitable, réduisent l’indépendance de la défense et restreignent les garanties apportées aux justiciables. L’AMDH dénonce par ailleurs une « instrumentalisation de la justice » à l’encontre de militants pacifiques, citant les condamnations touchant les membres du mouvement de la « Génération Z », des journalistes, des blogueurs ainsi que des figures du mouvement anti-normalisation.
Gouvernance électorale et crise sociale
Le volet électoral concentre également les critiques de l’organisation. L’AMDH accuse les autorités de contrôler la carte politique sous l’influence des réseaux financiers et d’intérêts privés, ce qui alimenterait l’abstention et minerait la légitimité populaire des institutions élues.
Sur le plan socio-économique, l’association dresse un bilan sombre des politiques publiques dans la santé, l’éducation, l’emploi et le pouvoir d’achat. D’après le texte, ces orientations creusent les inégalités, aggravent la précarité et poussent de nombreux jeunes et mineurs vers les risques de la migration clandestine.
Regards sur l’international et le Maghreb
Sur la scène internationale, l’AMDH observe une crise globale de la démocratie marquée par la montée de l’extrême droite et la marchandisation de la politique. Elle condamne vivement les opérations militaires israéliennes en Palestine, qualifiées de « génocide et de nettoyage ethnique », tout en dénonçant la répression des mouvements étudiants de soutien à la cause palestinienne en Occident. À l’échelle maghrébine, elle déplore l’enlisement des transitions démocratiques en Tunisie, en Algérie et en Libye, sur fond de tensions diplomatiques régionales persistantes.
Les exigences de l’association
Pour sortir de cette impasse, l’AMDH formule une feuille de route axée sur plusieurs revendications clés :
L’adoption d’une constitution démocratique garantissant une vraie séparation des pouvoirs et la primauté des traités internationaux ;
Le retrait immédiat des lois jugées liberticides ;
La libération de tous les déténus d’opinion et l’arrêt des poursuites visant les militants ;
La création d’une commission indépendante du ministère de l’Intérieur pour superviser les scrutins ;
L’application effective de l’officialisation de la langue amazighe et l’égalité stricte hommes-femmes.
En conclusion, l’AMDH lance un appel aux syndicats, partis démocratiques et forces vives de la société civile pour constituer un front uni capable de faire pression en faveur d’un véritable État de droit.
Journée de la démocratie : L’AMDH dresse un réquisitoire sévère contre le pouvoir exécutif






