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Reuters : les partis marocains à la conquête du vote des jeunes avant les législatives

L’agence Reuters s’est intéressée à la bataille engagée par les partis politiques marocains pour séduire les jeunes électeurs à l’approche des élections législatives prévues le 23 septembre. Emploi, logement et amélioration des revenus figurent au premier rang des promesses électorales, alors que les formations politiques doivent composer avec une faible participation des jeunes et un recul de leur confiance dans les institutions politiques.

Selon Reuters, le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Parti Authenticité et Modernité (PAM) ont placé l’emploi des jeunes au cœur de leurs campagnes, avec la promesse de créer près d’un million d’emplois au cours de la prochaine législature.

L’agence évoque également des investissements estimés à près de 20 milliards de dollars dans les infrastructures, notamment dans la perspective de l’organisation de la Coupe du monde 2030, que le Maroc accueillera conjointement avec l’Espagne et le Portugal.

Reuters relève par ailleurs que les inégalités de développement et les difficultés économiques auxquelles sont confrontées de larges franges de la jeunesse ont constitué, selon des analystes cités par l’agence, l’un des facteurs associés aux mouvements de protestation enregistrés au Maroc l’année dernière, ainsi qu’à l’afflux massif vers Sebta en juillet dernier.

L’agence cite à ce propos Mohamed Masbah, président du Moroccan Institute for Policy Analysis (MIPA), qui considère que la tentative de migration collective vers Sebta peut être interprétée comme une nouvelle forme de protestation sociale.

Les chiffres de la participation politique des jeunes constituent un autre défi majeur. S’appuyant sur des données officielles, Reuters indique que les 18-24 ans représentent environ 12 % de la population marocaine, mais seulement près de 3 % des personnes inscrites sur les listes électorales.

L’agence cite également une enquête d’Afrobarometer publiée en mars, selon laquelle environ un tiers des Marocains âgés de 18 à 35 ans déclarent faire confiance au Parlement, au chef du gouvernement ou aux partis politiques.

Sur le plan économique, Reuters souligne les progrès enregistrés par le Maroc ces dernières années dans plusieurs secteurs industriels et logistiques, notamment les ports, le ferroviaire, les phosphates et les énergies vertes. Ces investissements s’inscrivent dans le cadre d’objectifs économiques ambitieux, dont celui de doubler le produit intérieur brut par habitant à l’horizon 2035.

Ces avancées n’ont toutefois pas fait disparaître les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes. Reuters souligne que leur taux de chômage avoisine 27 %, tandis qu’environ un jeune Marocain sur trois se trouve hors emploi, éducation ou formation.

Pour les économistes et analystes cités par l’agence, l’enjeu qui attend les partis politiques dépasse ainsi la simple multiplication des promesses électorales. Leur défi consiste également à convaincre une jeunesse dont une partie considère que les transformations économiques et les grands investissements réalisés dans le pays ne se traduisent pas dans les mêmes proportions par une amélioration de ses perspectives en matière d’emploi, de revenus et de logement.

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