Le grand rassemblement électoral organisé par le Parti de l’Istiqlal à Laâyoune, auquel plus de 60.000 personnes auraient participé selon les chiffres avancés par le parti et les organisateurs, a dépassé le cadre de la campagne électorale pour alimenter le débat politique autour des provinces du Sud et du conflit du Sahara. Plusieurs médias marocains ont relayé cette estimation, sans qu’une vérification indépendante du nombre exact de participants soit disponible.
Organisé dimanche à l’espace des expositions de Laâyoune, en présence du secrétaire général de l’Istiqlal, Nizar Baraka, de Moulay Hamdi Ould Errachid et de plusieurs responsables et candidats du parti, le meeting a constitué l’une des principales démonstrations de mobilisation de la formation politique depuis le début de la campagne pour les législatives du 23 septembre.
Les images de la mobilisation ont rapidement dépassé le cadre strictement électoral. Dans plusieurs médias marocains, le rassemblement a été interprété comme un message politique adressé notamment au Polisario et à l’Algérie, sur fond de désaccord persistant autour du statut du Sahara occidental. Cette lecture relève toutefois de l’analyse éditoriale de ces médias et non d’un constat indépendant sur la signification politique attribuée par l’ensemble des participants au rassemblement.
Le rassemblement a ainsi ravivé le débat sur la participation politique dans les provinces du Sud. Les responsables et soutiens de l’Istiqlal mettent en avant la mobilisation électorale locale comme un indicateur de l’implication des habitants dans les institutions et les formations politiques marocaines. Le Polisario conteste pour sa part la légitimité de l’organisation par le Maroc de processus électoraux dans le territoire disputé.
La controverse a donné au meeting une résonance dépassant largement Laâyoune. Plusieurs médias marocains ont présenté la forte affluence annoncée comme une réponse politique aux positions défendues par le Polisario concernant la représentation de la population sahraouie.
Dans le même temps, la couverture médiatique du rassemblement a illustré la forte polarisation qui accompagne le dossier du Sahara. Selon leur ligne éditoriale et leur positionnement sur le conflit, les médias accordent des interprétations très différentes aux manifestations politiques et électorales organisées dans les provinces du Sud.
Le chiffre de plus de 60.000 participants est ainsi devenu lui-même un élément du débat. Plusieurs publications marocaines l’ont repris en l’attribuant au parti ou aux organisateurs du meeting.
L’intervention du Polisario et la couverture médiatique qui a suivi ont, dans tous les cas, contribué à faire sortir l’événement de sa dimension locale. Initialement inscrit dans la campagne électorale de l’Istiqlal, le rassemblement s’est retrouvé intégré au débat régional plus large autour du Sahara et de la question de la représentation politique de ses habitants.
À quelques jours des législatives du 23 septembre, le meeting de Laâyoune illustre ainsi la double dimension que peuvent prendre les événements électoraux organisés dans les provinces du Sud : celle d’une compétition entre partis marocains pour mobiliser les électeurs, mais aussi celle d’un événement susceptible d’être immédiatement réinterprété à travers le prisme du conflit régional autour du Sahara.






