À quelques jours des législatives du 23 septembre, Bouznika offre un spectacle pour le moins navrant. Dans presque tous les quartiers, des artères centrales aux ruelles plus excentrées, les poubelles débordent et les détritus s’entassent à même le sol. Une situation d’autant plus difficile à supporter pour les habitants que les mauvaises odeurs et les risques sanitaires s’invitent désormais dans leur quotidien. Ce qui ressemble à une simple panne de ramassage cache en réalité une crise bien plus profonde, révélant les faiblesses d’une gestion locale à bout de souffle.
Sur le terrain, ce raté s’explique par un enchaînement de blocages bien connus. Entre la fin de contrat du prestataire privé, un matériel à l’abandon et des hésitations administratives autour du transfert de compétences vers la province de Benslimane, toute la chaîne de collecte s’est grippée. Faute de camions en nombre suffisant et de bacs renouvelés, la ville s’est retrouvée dépassée en l’espace de quelques semaines, laissant les décharges sauvages se multiplier au coin des rues.

Forcément, une question est sur toutes les lèvres : à qui la faute ? Si l’entreprise chargée de la collecte est directement pointée du doigt pour son manque d’efficacité, la responsabilité finale remonte plus haut. La loi est pourtant claire : c’est au conseil communal d’assurer la salubrité publique et de veiller au grain. Il appartient aux élus locaux de faire respecter le cahier des charges, de sanctionner les retards et surtout de garantir que le service fonctionne sans interruption pour les citoyens.
En pleine période de campagne, cette montagne de déchets est évidemment devenue un sujet brûlant. L’opposition et les associations locales ne manquent pas de rappeler ce bilan embarrassant, l’utilisant comme preuve d’un manque de vision de la municipalité sortante. Pour les habitants de Bouznika, contraints de croiser ces tas d’ordures chaque jour en allant travailler, le message est limpide : au moment de glisser leur bulletin dans l’urne, ce dossier pèsera lourd dans leur choix.






