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Législatives 2026 : quelles promesses à la hauteur de nos ambitions ?

Par : Marwane El Bouzdaini, Cadre Dirigeant en Audit .

Le Maroc aborde les élections législatives dans une situation profondément différente de celle des précédents scrutins. Sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume a changé d’échelle : infrastructures stratégiques, protection sociale, souveraineté énergétique et hydrique, industrialisation, attractivité internationale, grands chantiers territoriaux et préparation des échéances de 2030.

La trajectoire est tracée. L’ambition est claire. La véritable question politique est désormais celle de l’exécution.
C’est dans ce contexte qu’il faut lire les programmes électoraux qui commencent à structurer le débat public. Les propositions sont nombreuses, parfois audacieuses. C’est sain : une démocratie vivante suppose des choix et des alternatives.
Mais la compétition électorale ne doit pas devenir une compétition dans la promesse.

Car gouverner le Maroc des cinq prochaines années ne consistera pas à repartir d’une page blanche. Il faudra inscrire l’action gouvernementale dans la continuité des grandes orientations stratégiques du Royaume, tout en répondant aux préoccupations quotidiennes des citoyens.

Pouvoir d’achat, emploi, logement, santé, école : les attentes sont considérables. La tentation peut alors être grande de proposer des réponses spectaculaires.

Prenons la fiscalité. Une baisse massive de l’impôt sur le revenu peut apparaître comme la réponse la plus immédiate à la question du pouvoir d’achat. L’équation est connue : moins d’impôts, davantage de revenu disponible, davantage de consommation et, à terme, davantage de croissance.

Mais le Maroc doit raisonner à partir de ses propres réalités.

Notre économie, la structure de nos ménages et nos comportements d’épargne ne permettent pas de considérer que chaque dirham rendu par l’impôt reviendra automatiquement dans l’économie par la consommation et la TVA. Une politique fiscale responsable doit donc concilier amélioration du pouvoir d’achat et préservation des ressources nécessaires à l’action publique.
Car l’État marocain doit simultanément financer des ambitions considérables.

La généralisation de la protection sociale doit être consolidée. L’école publique doit poursuivre sa transformation. Notre système de santé doit accompagner le chantier de sa profonde restructuration. Le stress hydrique exige des investissements massifs. Et les territoires doivent bénéficier plus équitablement de la dynamique nationale.

Dans ces conditions, la responsabilité budgétaire n’est pas du conservatisme. Elle est une condition de notre souveraineté.
Pour autant, la réponse ne peut être la simple continuité.

La dynamique impulsée par Sa Majesté impose au contraire d’aller plus loin. Lorsque le Souverain fixe une ambition, la responsabilité du politique est de construire les instruments permettant de la traduire concrètement dans la vie des Marocains.
C’est pourquoi une troisième voie mérite aujourd’hui d’être défendue : celle de l’équilibre.

Soutenir le pouvoir d’achat sans fragiliser les finances publiques. Protéger la classe moyenne sans opposer les catégories sociales. Renforcer l’État social tout en encourageant le travail et la création de richesse. Attirer l’investissement étranger tout en faisant émerger davantage de champions marocains. Ouvrir notre économie sans abandonner notre souveraineté.

La famille doit notamment retrouver toute sa place dans cette réflexion.
Alors que notre société connaît des transformations démographiques profondes, faciliter la constitution des foyers, accompagner les jeunes couples, soutenir l’accès au logement et réfléchir à une fiscalité tenant davantage compte des charges familiales constituent des politiques d’avenir.

La classe moyenne mérite la même attention. Elle ne demande pas seulement de payer moins d’impôts. Elle demande de pouvoir accéder à un logement adapté à ses besoins, éduquer correctement ses enfants et se déplacer à un coût raisonnable.

Enfin, le prochain mandat devra prolonger l’un des mouvements les plus structurants engagés par le Royaume : celui de la souveraineté stratégique.

L’eau, l’énergie, l’alimentation, les médicaments, l’industrie, les technologies et les données sont désormais des questions de souveraineté. Les crises successives ont démontré la pertinence de la vision anticipatrice portée au plus haut niveau de l’État : dans un monde instable, un pays respecté est d’abord un pays capable de maîtriser son destin.
Le rôle du prochain gouvernement sera donc moins d’inventer une nouvelle trajectoire que d’être à la hauteur de celle que le Maroc s’est donnée.

C’est là que devrait se situer la véritable confrontation démocratique.

Certaines privilégieront la rupture fiscale. D’autres défendront essentiellement la poursuite de l’action engagée. Une autre approche peut choisir l’équilibre : entre le social et l’économique, entre le pouvoir d’achat et les équilibres publics, entre l’ouverture et la souveraineté.
C’est cette culture de l’équilibre qui a souvent permis au Maroc d’avancer là où d’autres pays ont été emportés par les ruptures et les surenchères.

À l’approche du scrutin, une question devrait donc dépasser toutes les autres.

Non pas : qui promettra le plus ?

Mais : quelles propositions sauront répondre aux attentes des citoyens, préserver les grands équilibres du pays et inscrire l’action publique dans une trajectoire durable ?

Les élections législatives constituent à cet égard un moment essentiel de notre vie démocratique. Elles permettent aux citoyens de choisir entre des projets, de fixer des priorités et de confier à une majorité la responsabilité de conduire l’action gouvernementale.

C’est précisément dans cette articulation entre le choix démocratique des citoyens, la responsabilité du gouvernement et la continuité stratégique impulsée par la Vision Royale que réside l’une des forces du modèle marocain : celle d’un pays capable de conjuguer stabilité institutionnelle, expression démocratique et ambition de long terme.

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