Les récentes tensions survenues à la frontière de Ceuta continuent de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique en Espagne. Une enquête d’opinion menée par l’institut 40dB pour le journal El País et la radio Cadena SER révèle un sentiment d’inquiétude généralisé face à la gestion de cet épisode frontière, perçu par plus de 80 % des sondés comme un défi prioritaire pour la sécurité nationale.
Une double mise en cause de Rabat et de Madrid
Les enseignements du sondage mettent en lumière un double constat critique de la part des citoyens espagnols quant aux causes de la crise :
Mise en cause du gouvernement marocain : Une très large majorité des personnes interrogées (près de 90 %) attribue une responsabilité directe à Rabat dans les arrivées de migrants enregistrées à Ceuta.
Critiques envers l’exécutif espagnol : Parallèlement, plus de sept sondés sur dix estiment que le gouvernement de Pedro Sánchez porte une part significative de responsabilité. L’action de la coalition au pouvoir est ainsi jugée sévèrement par 63 % des répondants, seuls 14,2 % exprimant un avis favorable.
Une demande accrue de fermeté sécuritaire
Face à la persistance de la pression migratoire, la tendance penche nettement vers un durcissement des dispositifs de contrôle. Sept sondés sur dix se déclarent favorables à une accentuation de la surveillance aux frontières, y compris au détriment de l’accueil des populations vulnérables, une option d’asile humanitaire qui ne rassemble que moins de 20 % des suffrages.
Cette exigence de rigueur s’étend également à la conduite de la politique étrangère. Si 45,7 % des sondés préconisent une posture diplomatique plus ferme vis-à-vis du Maroc, 36,8 % rappellent néanmoins la nécessité de maintenir un canal de coopération sécuritaire, jugé incontournable pour la stabilité de la zone frontalière. Concernant le statut des enclaves de Ceuta et Melilla, la défense de la souveraineté espagnole reste très largement majoritaire (63,6 %), face aux partisans d’une négociation bilatérale (16,8 %).
Recomposition du paysage politique espagnol
Sur le plan intérieur, la séquence profite à la droite souverainiste. Le parti Vox apparaît en effet comme la formation la plus crédible pour gérer les flux migratoires pour 27 % des sondés, distançant le Parti socialiste (18,4 %) et le Parti populaire (13,9 %).






