Le Rassemblement national des indépendants (RNI) essuie un revers politique de taille dans l’un de ses principaux bastions de la région Fès-Meknès. À l’approche de l’annonce officielle du ralliement de la famille Abou, conduite par l’ancien ministre Mohamed Abou, au Parti authenticité et modernité (PAM), le « parti de la colombe » voit s’accentuer l’érosion de ses rangs dans la province de Taounate, après les départs des parlementaires Noureddine Qchibel et Bouchta Boussof vers le « tracteur ».
Selon des informations bien informées le PAM serait parvenu à attirer la famille Abou, dont le ralliement devrait être annoncé lors d’un déjeuner prévu à Fès. Cette arrivée devrait renforcer le poids électoral du PAM à Taounate et infliger au RNI une perte politique significative, le nom d’Abou étant associé depuis plusieurs années à son appareil politique et organisationnel dans la province.
Le départ de l’ancien ministre intervient dans un contexte de tensions apparues avant l’arbitrage de la liste régionale du RNI à Fès-Meknès. D’après les mêmes sources, Zina Chahim et El Tahami Ouazzani, candidats du parti à Fès, auraient exercé de fortes pressions en faveur de la désignation de l’épouse du président de la commune d’Ouled Tayeb à la tête de la liste régionale.
Cette nouvelle configuration aurait bouleversé les arrangements qui donnaient auparavant un avantage à l’ancien ministre Mohamed Abou, sur la base de promesses antérieures prévoyant de placer sa fille en tête de liste. Ce changement aurait suscité la colère de l’entourage d’Abou et ouvert la voie à une remise en question de la position de la famille au sein du parti.
Selon les mêmes sources, plusieurs rencontres auraient ensuite réuni Mohamed Abou et un dirigeant de premier plan du PAM. Ces échanges auraient abouti à convaincre l’ancien ministre de rejoindre le « tracteur » et de soutenir Abdelatif Fwyger, candidat du PAM dans la circonscription de Tissa-Taounate, infligeant ainsi un nouveau revers électoral au RNI dans une province qui constituait l’un de ses principaux réservoirs de voix.
Après avoir attiré Noureddine Qchibel et Bouchta Boussof, le PAM poursuit ainsi son offensive sur une partie du socle électoral de son allié gouvernemental à Taounate. Le RNI se retrouve, pour sa part, confronté aux conséquences politiques directes des tensions autour des investitures dans la région de Fès-Meknès.






