L’entrée en vigueur de la loi n° 66.23 régissant la profession d’avocat n’aura pas suffi à éteindre la contestation. Réunie en session extraordinaire ce jeudi, l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a tranché : le débrayage se poursuit et le boycott des audiences reste d’actualité. Une décision ferme qui témoigne du fossé persistant entre le corps judiciaire et la tutelle.
Au terme de longs débats qui se sont prolongés jusqu’au petit matin, l’organe représentatif de la profession a voté en faveur de la reconduite du mouvement de grève. Bien que des voix modérées aient plaidé pour une reprise de l’activité au vu de la concrétisation du cadre légal, la majorité des intervenants a estimé que le maintien de la pression restait l’unique levier pour faire valoir leurs revendications.
Un paysage professionnel divisé
Cette confrontation met en lumière deux visions au sein du barreau :
• Le camp du bras de fer : Il perçoit la grève comme l’ultime rempart pour défendre les prérogatives de la profession.
• Le camp du dialogue : Il considère que la promulgation du texte impose désormais de porter le plaidoyer sur le terrain institutionnel.
Pourtant, le cadre juridique est désormais scellé. Portant exécution de la loi n° 66.23, le Dahir n° 1.26.75 du 18 août 2026 a été officiellement publié au Bulletin officiel (n° 7536) le 20 août courant. Quelques jours plus tôt, le 11 août, la Cour constitutionnelle avait conclu à l’impossibilité de statuer en l’état sur la conformité du texte à la Constitution.
Malgré cette effectivité juridique, le bras de fer s’installe dans la durée. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour déterminer si les canaux d’échange pourront être rétablis ou si la paralysie des tribunaux s’aggravera.






