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L’UE salue le rôle du Maroc dans la gestion de la crise migratoire à Ceuta

L’Espagne est sortie de la réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne avec un soutien politique clair à sa gestion de la crise liée à l’afflux massif de migrants vers Ceuta. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a défendu la coopération avec le Maroc, affirmant que Rabat avait joué un rôle déterminant dans la maîtrise des flux migratoires et le retour de la majorité des personnes arrivées dans l’enclave.

À l’issue de la réunion tenue mardi, le commissaire européen chargé des Affaires intérieures et des Migrations, Magnus Brunner, a estimé que la crise était désormais « derrière l’Union européenne », soulignant que les mesures adoptées avaient empêché les migrants de rejoindre le territoire continental espagnol ou les autres États de l’espace Schengen.

La réunion a rassemblé les ministres de l’Intérieur des États membres de l’Union européenne, ainsi que des représentants de l’Islande, de la Norvège, de la Suisse et du Liechtenstein, en présence de responsables de la Commission européenne, de Frontex, d’Europol et de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile.

Fernando Grande-Marlaska a présenté à ses homologues un rapport détaillé sur les circonstances des arrivées ainsi que sur les mesures sécuritaires et administratives mises en œuvre par Madrid. Selon lui, l’évaluation européenne a salué la rapidité de la réaction espagnole et l’efficacité des dispositifs de gestion de la crise.

Les discussions ont principalement porté sur les réseaux de traite des êtres humains et sur les campagnes de désinformation diffusées sur les réseaux sociaux, accusées d’avoir encouragé des milliers de personnes à se diriger vers Ceuta en exploitant les débats suscités par une décision de la Cour suprême espagnole concernant le retour des migrants arrivés par voie maritime.

Le ministre espagnol a insisté sur le fait que le Maroc constituait un partenaire fiable pour l’Espagne et l’Union européenne dans la lutte contre l’immigration irrégulière. Il a souligné que la coopération des autorités marocaines dans la réadmission des migrants avait permis de reprendre rapidement le contrôle de la situation.

Magnus Brunner a partagé cette analyse, indiquant que la présentation espagnole avait mis en évidence le rôle joué par Rabat dans les opérations de réadmission et dans le contrôle des mouvements à la frontière, tout en attribuant une large part de la responsabilité aux réseaux de passeurs et aux campagnes de désinformation.

Cette réunion faisait suite aux tensions entre Madrid et Rome, après que l’Italie a demandé la suspension temporaire de la participation de l’Espagne à l’espace Schengen, estimant que la présence de milliers de migrants à Ceuta pouvait constituer une menace pour la libre circulation en Europe.

Fernando Grande-Marlaska a répondu que le régime particulier appliqué à Ceuta depuis 1991 impose un contrôle systématique des documents de toute personne quittant l’enclave vers le territoire continental espagnol, empêchant ainsi tout passage automatique vers le reste de l’Union européenne.

Le ministre a également appelé les États ayant renforcé les contrôles sur les voyageurs en provenance d’Espagne à revoir leurs décisions, en s’appuyant sur l’évaluation de Frontex, selon laquelle l’espace Schengen n’a fait face à aucune menace directe.

Les ministres ont par ailleurs examiné la lettre signée par les dirigeants de 22 pays européens appelant à un renforcement de la protection des frontières extérieures et à une révision des politiques susceptibles d’encourager l’immigration irrégulière, dans un contexte de préoccupations croissantes quant à l’effet d’attraction que pourraient produire certaines mesures espagnoles.

Les institutions européennes ont globalement soutenu l’approche défendue par Madrid, tout en plaidant pour un renforcement de la coordination entre les États membres, une lutte accrue contre les réseaux de passeurs et le développement de mécanismes destinés à contrer les campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux.

Fernando Grande-Marlaska a enfin indiqué que la coopération avec le Maroc avait permis le retour d’environ 70 000 personnes sur les 72 000 ayant atteint Ceuta. Il a annoncé un investissement de 40 millions d’euros pour moderniser les dispositifs de sécurité et les infrastructures technologiques de l’enclave, une enveloppe identique pour Melilla, ainsi que 100 millions d’euros supplémentaires destinés au renforcement des moyens des forces de police et de la Guardia Civil.

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