C’est sur une note majeure que la Chambre des conseillers a clos, ce lundi 13 juillet 2026, les travaux de sa deuxième session législative. Présidée par Mohamed Ould Errachid, cette séance de clôture n’a pas seulement servi à dresser un inventaire comptable de l’activité parlementaire ; elle a mis en lumière la capacité de l’institution à s’adapter à un contexte international mouvant, marqué par de profondes mutations géopolitiques. Cette fin de session revêt par ailleurs une symbolique toute particulière, puisqu’elle précède de peu les célébrations du 27ème anniversaire de l’accession de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Trône. L’occasion pour le président de la Chambre de rappeler la fidélité de l’institution à la vision royale, axée sur la souveraineté économique, la relance des investissements et la diversification des partenariats stratégiques du Royaume.
Sur le front législatif, cette session fera date. La Chambre a validé un volume de textes inédit depuis sa création : 108 textes adoptés en 10 séances plénières. Mais le fait marquant réside ailleurs. Pour la toute première fois, le nombre de propositions de loi (issues des députés eux-mêmes) a dépassé celui des projets de loi portés par le gouvernement, avec 55 propositions contre 53 projets. Une bascule historique qui témoigne d’un véritable réveil de l’initiative parlementaire et d’une volonté farouche des élus de peser directement sur le débat public.
Sur le fond, les réformes adoptées touchent au quotidien des Marocains et à la modernisation de l’État. On notera en premier lieu la restructuration profonde de plusieurs mastodontes publics transformés en sociétés anonymes, à l’instar de l’Agence Nationale des Ports (ANP) ou de l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM). Les secteurs de la santé, de l’emploi, de la justice et des médias ont également vu leurs cadres légaux évoluer, tout comme la cause animale avec l’adoption d’un texte attendu sur la protection des animaux errants.
Le rôle de vigie de la Chambre s’est également intensifié. Les conseillers ont soumis 458 questions orales au gouvernement, poussant 24 ministres à venir s’expliquer dans l’hémicycle. Au-delà des questions d’actualité, le Parlement a pris le temps de poser des débats de fond à travers des séances d’évaluation dédiées à des enjeux cruciaux : la sécurité alimentaire et l’adaptation face au dérèglement climatique.
Enfin, la Chambre n’a pas chômé sur le terrain diplomatique. De l’Assemblée de l’Union interparlementaire à Istanbul jusqu’aux salons de Rabat, les conseillers ont multiplié les bilatérales pour porter la voix du Maroc. Au cœur des échanges : la défense de la cause nationale. Le président de la Chambre a rappelé le consensus international grandissant autour du plan marocain d’autonomie pour le Sahara, une solution désormais ancrée comme l’unique issue viable, confortée par la dynamique de la diplomatie royale et les résolutions de l’ONU, notamment la 2797. En paraphant de nouveaux accords de coopération avec des pays partenaires comme le Cambodge, l’Azerbaïdjan ou le Malawi, et en accueillant des forums de premier plan dédiés au dialogue Sud-Sud, la Chambre des conseillers confirme son rôle de passerelle incontournable entre le Royaume et le reste du monde.






