Les avocats marocains ont levé, mardi soir 7 juillet 2026, leur sit-in ouvert organisé devant le Parlement à Rabat pour protester contre le projet de loi encadrant la profession d’avocat. Ils ont toutefois annoncé une nouvelle étape de leur mouvement, marquée par le lancement d’une campagne de plaidoyer au niveau international avant la mi-juillet, ainsi que par l’organisation d’actions de protestation dans les différentes régions du Royaume.
Cette décision intervient quelques heures après l’adoption, en deuxième lecture, par la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme de la Chambre des conseillers, du projet de loi n° 66.23 relatif à l’organisation de la profession d’avocat. Dans un communiqué, dont une copie est parvenue, l’Association des barreaux du Maroc a exprimé son rejet catégorique du texte adopté, affirmant sa détermination à « poursuivre son combat par tous les moyens possibles ».
L’association estime que le sit-in des bâtonniers et des membres des conseils des barreaux constitue « un acte de dénonciation et de témoignage face à l’atteinte législative portée aux acquis des droits fondamentaux et de la profession d’avocat au Maroc ». Elle accuse également la majorité gouvernementale d’avoir privilégié « sa cohésion politique conjoncturelle au détriment de l’intérêt général ».
Le communiqué salue la mobilisation des bâtonniers, des membres des conseils des barreaux, des organisations professionnelles ainsi que des acteurs des droits humains et des formations politiques ayant soutenu le mouvement, considérant que cette mobilisation « restera gravée dans l’histoire » comme le témoignage d’« une dérive politique sans précédent et d’un recul législatif portant atteinte aux fondements constitutionnels ».
En contrepartie de la levée du sit-in, l’association a annoncé le transfert de son mouvement de protestation au niveau local, à travers l’organisation de manifestations dans plusieurs villes du Royaume, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre l’escalade « sous toutes les formes disponibles ».
Elle a également décidé de maintenir la suspension générale des prestations professionnelles et de prolonger le boycott du système d’assistance judiciaire, aussi bien pour les désignations que pour les interventions, tout en lançant des démarches de plaidoyer international avant le 15 juillet 2026.
Dans le cadre de son programme de mobilisation, l’Association des barreaux du Maroc a appelé au report des assemblées générales et proposé l’inscription d’un thème consacré à « l’indépendance et aux garanties de la profession d’avocat au Maroc » à l’ordre du jour du Congrès international des avocats, prévu à Marrakech du 28 octobre au 1er novembre 2026. Elle a également annoncé l’organisation d’une rencontre internationale à son siège, qui réunira plusieurs organisations internationales de défense des droits humains et des associations professionnelles afin de débattre de la situation de la profession d’avocat au Maroc.
Le sit-in organisé lundi et mardi faisait suite à une série d’actions de protestation menées ces derniers jours, comprenant des rassemblements nationaux et la suspension de plusieurs services professionnels. Le ministère de la Justice continue, pour sa part, de défendre le projet de loi, qu’il considère comme un élément de la réforme du système judiciaire, tandis que les avocats affirment que leur mobilisation vise avant tout à préserver l’indépendance de la profession, qu’ils qualifient de « pilier essentiel de l’État de droit ».






