Les récentes déclarations de Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des représentants et figure de proue du Rassemblement National des Indépendants (RNI), continuent de faire des vagues. Invité de la rentrée sur le plateau de l’émission « Lil Hadithi Baqiah » sur la chaîne Al Aoula, le patron de la première chambre a offert un exercice de haute voltige politique, réagissant aux vives tensions qui ont récemment secoué l’hémicycle tout en blindant le bilan de la majorité.
Ce grand déballage médiatique intervient dans un climat parlementaire électrique, marqué par ce que les observateurs appellent désormais « l’incident Chtibi » — du nom du député socialiste Driss Chtibi — et par de violentes passes d’armes verbales. Le point d’orgue de ces tensions reste l’accusation frontale lancée en pleine séance plénière par un vice-président de la Chambre, qui a assimilé les membres du Parti de la Justice et du Développement (PJD) à des « chiites », une attaque symbolique ciblant leur mode d’organisation et leur loyauté partisane.
Interpellé sur l’application du code de déontologie parlementaire face à ces dérapages verbaux, Rachid Talbi Alami a choisi la carte de la réserve diplomatique, refusant de jeter de l’huile sur le feu. « Je n’ai jamais émis de jugement contre quiconque, je n’en ai pas la prérogative. Je respecte tout le monde pour que tout le monde me respecte », a-t-il tranché. Pour le président de l’institution législative, la gestion des conflits politiques ne doit pas se régler par des invectives médiatiques, mais doit impérativement suivre les canaux réglementaires, notamment via la commission de déontologie du Parlement. L’enjeu ultime, selon lui, reste la sauvegarde du prestige de l’institution et de la confiance des citoyens, loin des joutes stériles.
Au-delà de la discipline parlementaire, le leader de la « Colombe » a endossé son costume de défenseur de la majorité issue des urnes de 2021.
Il a ainsi loué la stabilité institutionnelle permise par cette assise confortable, essentielle pour faire adopter des réformes structurelles majeures, qu’il a lui-même qualifiées de « douloureuses » mais indispensables pour l’avenir du pays. Fort de ce bilan, Talbi Alami a vigoureusement fustigé le « discours d’autoflagellation » ambiant. Lancé dans une charge contre une partie de l’opposition, il a appelé à dissocier la critique constructive d’une « opposition de posture », qu’il accuse de verser dans le populisme électoraliste au détriment de l’intérêt supérieur de la nation et des citoyens.






