La Fédération nationale de l’enseignement a vivement critiqué le Ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, estimant que l’organisation du « Forum national de l’enseignant » s’inscrit dans une nouvelle tentative de « blanchiment de l’échec officiel » dans la gestion du secteur éducatif au Maroc.
Dans un communiqué, le syndicat, proche du Parti Annahj Addimocrati Al Oummali (Parti de la voie démocratique ouvrière), a qualifié la tenue de la deuxième édition de ce forum de « manœuvre manifeste visant à induire en erreur l’opinion publique éducative et à contourner les revendications légitimes du corps enseignant ».
Selon le même texte, le gouvernement consacre, à travers cet événement, une « politique de fuite en avant », au lieu de s’attaquer aux causes profondes de la crise de l’enseignement au Maroc. Le forum ne constituerait pas, selon la FNE, un espace de solutions, mais plutôt « un mécanisme de gestion d’une situation tendue, destiné à détourner le débat de la responsabilité des politiques publiques jugées défaillantes ».
Le syndicat estime également que cette initiative « ne produira que davantage de confusion et contribuera à reproduire la crise », dans la mesure où elle ne dispose d’aucun pouvoir décisionnel et ne représente pas réellement les enseignants. Il considère que la crise de l’école publique dépasse le cadre pédagogique ou technique, la qualifiant de « crise structurelle liée à des choix politiques majeurs », notamment la faiblesse de l’investissement public, la remise en cause de la gratuité de l’enseignement, l’extension de la logique marchande et la marginalisation du corps enseignant.
Dans son communiqué, la FNE affirme que les « forums et réformes éducatives » présentés par les autorités ne seraient, selon elle, qu’un « habillage destiné à faire passer des politiques néfastes », en cohérence avec les recommandations des institutions financières internationales, notamment en matière de réduction des coûts et de remise en cause de la fonction publique.
Le syndicat a par ailleurs appelé à l’application immédiate de l’ensemble des accords précédents (notamment ceux du 26 avril 2011 et des 10 et 26 décembre 2023), ainsi qu’à la mise en œuvre intégrale du nouveau statut sans sélection ni contournement. Il a également insisté sur la nécessité d’une revalorisation effective et équitable des salaires, indemnités et pensions, en adéquation avec la hausse du coût de la vie.
Pour rappel, le ministère organise les 25 et 26 mars 2026 à Rabat la deuxième édition du Forum national de l’enseignant, présenté comme un espace d’échange d’expériences pédagogiques et de valorisation des pratiques innovantes en matière d’enseignement.






